780 tonnes de "faux steaks hachés" distribuées aux plus démunis

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Une entreprise et un intermédiaire français ont vendu à des associations s'occupant des plus démunis de faux steaks hachés ne contenant pas le moindre gramme de viande. 

Les steaks hachés ne contenaient pas un seul gramme de viande. Depuis l'été 2018, La Croix Rouge, Les Restos du Cœur, le Secours Populaire Français, et la Fédération française des banques alimentaires se sont fait livrer 780 tonnes de steaks hachés, soit environ 7 millions de pièces frauduleuses, d'après une information révélée par RTL qu'Europe 1 s'est fait confirmer par les services de Bercy. 

Une commande groupée de 5,2 millions d'euros

Intriguées par la texture, le goût et la couleur des steaks hachés, ces associations qui viennent en aide aux plus démunis on fait analyser la "viande" de leur commande groupée de 5,2 millions d'euros en mars dernier. "Les associations ont été très réactives, elles se sont aperçues que l'aspect n'était pas naturel et elles nous ont prévenus, ce qui nous a permis de lancer des contrôles", retrace a secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie Agnès Pannier-Runacher.

Et la conclusion du laboratoire du service de répression des fraudes est sans appel : cette "viande" n'en contient pas. À la place, ils ont trouvé du gras et de la peau mixés avec de l'amidon et du soja. Une "tambouille" qu'il est bien évidemment interdit de vendre sous l’appellation steak haché.

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Les stocks de faux steaks hachés reçus par le Secours populaire du Nord. © Lionel Gougelot pour Europe 1

Ces steaks hachés ont été fournis par une entreprise française s'approvisionnant auprès d'un industriel polonais. Un intermédiaire français a également été identifié. Les noms de ces sociétés n'ont pas été divulgués en attendant que la justice soit saisie. Les dirigeants des deux entreprises françaises ont été entendus par les enquêteurs et les autorités polonaises ont été saisies.  Dans les derniers rapports d'exécution du FEAD, la société Voldis a fait plusieurs fois partie des entreprises ayant livré des steaks hachés via ce programme, en 2015 et 2016. Selon une source proche du dossier citée par l'AFP, cette société fait partie des entreprises citées dans cette affaire.

1,5 million d'euros d'amende et deux ans de prison

La répression des fraudes a depuis mené une quarantaine de contrôles sur des échantillons concernés, qui se sont tous révélés concluants sur la mauvaise qualité des steaks. Elles montrent néanmoins qu'il n'y a pas de danger pour la santé des consommateurs. Pour "tromperie et fraude en bande organisée", la peine peut atteindre 1,5 million d'euros d'amende et deux ans de prison. En 2018, 1.500 tonnes de steaks hachés surgelés ont ainsi été achetées pour un montant de 5,2 millions d'euros. Dans un communiqué commun, les quatre associations victimes de cette fraude ont annoncé "avoir demandé une compensation financière pour faire face aux frais de stockage engendrés par cette situation".