Le squelette de l’orque, qui s’est perdue dans la Seine entre Rouen et Le Havre et est décédée le 30 juin, va rejoindre les collections du Muséum national d’Histoire naturelle. 1:26
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Louise Salle édité par Wassila Belhacine , modifié à
Le squelette de l’orque, qui s’est perdue dans la Seine entre Rouen et Le Havre et est décédée le 30 juin, va rejoindre les collections du Muséum national d’Histoire naturelle. Elle ne pourra être vue que par des scientifiques, qui vont l’étudier pour en apprendre davantage sur la biologie d’une orque et tenter de comprendre les causes de son égarement et de sa mort. 

L’histoire avait fait le tour des réseaux sociaux. Une orque, affaiblie et désorientée, avait été repérée nageant dans la Seine entre Rouen et Le Havre il y a un mois. Quelques jours avant sa mort, le 30 juin, il avait été question de l’euthanasier pour mettre fin à ses souffrances. Le Muséum national d’histoire naturelle de Paris a pris la décision de récupérer son squelette pour l’exposer, à partir de la mi-juillet, dans ses collections. Ces espaces ne sont visités que par des chercheurs qui se frottent les mains d’étudier de près, et dans un état impeccable, l’anatomie d’une orque. 

Une minutieuse préparation du squelette qui va durer jusqu’à la mi-juillet

Les restes de cette espèce se perdent en effet régulièrement en mer, ou échouent sur des plages dans un état dégradé. Cette fois-ci, les ossements sont intacts. Ils sont, depuis le 3 juin, soigneusement nettoyés, avant d'être minutieusement numérotés, explique Christine Lefèvre, directrice des collections naturalistes du Muséum. 

"L’orque nous est arrivée découpée en morceaux dans différents sacs poubelle et désormais, il faut réaliser les différentes étapes de préparation du squelette", détaille-t-elle. "Il faut donc faire bouillir les différents éléments anatomiques. Il faut ensuite retirer la chair qui reste attachée sur les os et dégraisser les ossements. Puis il y a un rinçage qui se fait à l'eau tiède avec un petit peu de carbonate de sodium et du produit vaisselle, pour blanchir un peu les squelettes", liste Christine Lefèvre.

Cette préparation va durer jusqu’à la mi-juillet. Puis l’orque rejoindra les collections du Muséum, dans un bâtiment du Jardin des Plantes spécialement consacré aux mammifères marins et accessible aux scientifiques qui en font la demande. 

L’objectif : en apprendre davantage sur cette espèce que l'on connaît assez peu d’un point de vue biologique, puisque ce sont davantage les comportements de cet animal qui ont été étudiés en raison de la rareté des cadavres récupérés. Il s’agira, enfin, de comprendre les origines de la maladie qui l’a affaibli et son arrivée dans la Seine.

Des recherches pour mieux protéger la biodiversité marine

"C'est totalement anormal qu'un animal de cette taille vienne se perdre au point de remonter un fleuve d'eau douce comme la Seine…", reprend Christine Lefèvre. "Donc, que s’est-il passé ? Qu'est ce qui a fait que cet animal s'est retrouvé dans cette situation ?", se demande-t-elle.

"Peut-être que son environnement a présenté un taux de pollution tellement fort, que ça a contribué à la désorienter… Nous n’avons encore aucune réponse, nous prenons le temps d’analyser toutes les données dont nous disposons grâce aux prélèvements effectués", conclut la directrice des collections. 

L’orque rejoindra les 67 millions de squelettes exposés au Muséum, stockés dans plusieurs réserves en région parisienne - les restes présentés vont de la larve ou la crevette, à l’éléphant… La plupart de ces spécimens sont invisibles au grand public, qui n’en voit que quelques dizaines de milliers.