Un espoir pour lutter contre les premiers signes de la maladie d'Alzheimer

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Une étude américaine montre qu'un traitement intensif de l'hypertension permet d'éviter l'apparition de troubles cognitifs légers.
Une étude américaine montre qu'un traitement intensif de l'hypertension permet d'éviter l'apparition de troubles cognitifs légers. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Les personnes bénéficiant d'un traitement intensif contre l'hypertension ont moins de risque de développer un déficit cognitif léger, qui est souvent le premier stade de la maladie d'Alzheimer, selon une étude publiée mardi. 

Un grand essai clinique réalisé aux Etats-Unis a trouvé que les personnes traitées de façon intensive contre l'hypertension avaient moins de risque de développer un déficit cognitif léger, qui est souvent un premier stade de la maladie d'Alzheimer. L'histoire de la maladie d'Alzheimer est remplie d'espoirs déçus, aussi faut-il accueillir avec prudence les résultats de l'étude "Sprint Mind" parus lundi dans la revue de l'Association médicale américaine (Jama). Mais le grand nombre de participants de l'étude, et la bonne qualité statistique d'un de ses résultats, la rendent incontournable dans la lutte contre cette maladie pour l'instant incurable.

Empêcher les troubles de la mémoire. L'essai est le premier à avoir découvert un moyen d'empêcher des troubles de la mémoire ou de la concentration chez les personnes plus âgées. "C'est le premier essai à avoir démontré une stratégie efficace pour la prévention des déficits cognitifs liés à l'âge", écrit Kristine Yaffe, médecin spécialiste des maladies neurodégénératives à l'Université de Californie à San Francisco, dans un éditorial publié séparément de l'étude dans la revue Jama.

L'essai clinique a porté sur plus de 9.000 adultes de plus de 50 ans souffrant d'hypertension. La moitié a reçu un traitement visant à faire redescendre leur pression systolique (le premier des deux chiffres qui donnent la tension) à moins de 140 mmHg, et l'autre moitié à moins de 120, un objectif plus ambitieux. Après un suivi médian de cinq ans, les médecins n'ont pas observé de différence entre les deux groupes sur une mesure de "démence probable". Mais le groupe intensif avait en revanche significativement moins de "déficit cognitif léger" que l'autre groupe.

"Ce qui est bon pour le cœur est bon pour le cerveau". Un déficit cognitif léger est un stade qui inclut, selon l'Alzheimer's Association, des difficultés manifestes à trouver le bon mot ou nom, des difficultés à se souvenir du nom de personnes rencontrées récemment, ou le fait d'oublier quelque chose juste après l'avoir lu. Toutes les personnes souffrant d'Alzeimer sont passées par ce stade... Mais toutes les personnes souffrant de déficit cognitif léger n'auront pas la maladie d'Alzheimer. L'étude renforce l'idée que "ce qui est bon pour le cœur est bon pour le cerveau", a réagi la directrice scientifique de l'Alzheimer's Association, Maria Carrillo.

Mais ces travaux ne permettent absolument pas de conclure définitivement que traiter l'hypertension permettra d'éviter Alzheimer. Il faudra d'autres études pour éclaircir ce lien, et c'est pourquoi Maria Carrillo a annoncé que l'association financerait une prolongation de deux ans de l'étude Sprint, afin d'évaluer les patients sur une plus longue durée, alors qu'ils atteignent des âges plus avancés.