Coronavirus : quelles sont les régions les plus touchées par la deuxième vague ?

, modifié à
  • A
  • A
L'Île-de-France est la troisième région la plus touchée par cette seconde vague. 1:56
L'Île-de-France est la troisième région la plus touchée par cette seconde vague. © ALAIN JOCARD / AFP
Partagez sur :
Les régions fortement touchées par la seconde vague de contaminations au Covid-19 ne sont pas les mêmes qu'au printemps dernier, lors du premier pic de fièvre. Ces différences peuvent s'expliquer par le changement de saison, mais aussi par une baisse de la vigilance cet été, dans les zones où le virus s'était fait plus discret.
DÉCRYPTAGE

La seconde vague de coronavirus en France est-elle pire que la première ? Les hôpitaux français comptent de plus en plus de malades du Covid-19. Avec 31.946 personnes actuellement hospitalisés, les chiffres s’approchent de plus en plus du pic enregistré pendant la première vague, avec plus de 32.300 hospitalisations à la date du 14 avril. Néanmoins, la carte de cette seconde vague montre de sensibles différences avec la situation du printemps dernier, notamment en ce qui concerne la répartition des principaux foyers épidémiques.

L'Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France en première ligne

Ainsi, la région Auvergne-Rhône-Alpes est le nouvel épicentre de l’épidémie, contre le Grand Est en début d’année. Suivent les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur, Hauts-de-France, l’Île-de-France et l'Occitanie. En revanche, il y a moins de contaminations en Nouvelle-Aquitaine et dans le Grand Est cette fois.

Comment expliquer ces différences d’un territoire à un autre ? Il y a d’abord le froid, un argument sur lequel insistent beaucoup de spécialistes ces dernières semaines. Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, évoque également un manque de précaution après le déconfinement, pendant la période estivale, alors que le virus circulait toujours. "On s’est senti protégé dans les endroits moins touchés pendant la première vague, et une forme d’inconscience et d’insouciance face aux risques de contamination a peut-être contribué à une transmission silencieuse de la maladie" dans des régions où désormais le nombre de cas explose.

Un baisse du taux de reproduction du virus

Les dernières données de Santé Publique France indiquent également que le taux de reproduction du virus de tomber en-dessous de 1. Il est désormais de 0,93 au niveau national, ce qui signifie que l’épidémie régresse. Dix personnes en contaminent seulement neuf actuellement, et ces neuf n’en contamineront à leur tour plus que huit demain. "S’il y a moins de contaminations entre les personnes, cela veut dire qu’il y a moins de cas positifs et que le couvre-feu et le confinement ont porté leurs fruits", salue Benjamin Davido.

Cette baisse permettra-t-elle d’atteindre les 5.000 contaminations quotidiennes, le seuil fixé par Emmanuel Macron pour lever le confinement le 1er décembre ? Sur ce point il faut être très clair, la réponse est non. "On en sera même assez loin", affirment la plupart des épidémiologistes.

Des hospitalisations qui devraient continuer à bondir

La baisse ne devrait pas non plus se ressentir immédiatement dans les hôpitaux, en raison du décalage entre la contamination et l’apparition d’une forme grave de la maladie. Les services de réanimation vont continuer à se remplir durant les trois prochaines semaines au moins. Et la mortalité devrait donc, elle aussi, continuer à grimper.

Europe 1
Par Victor Dhollande, édité par Romain David