Regarder la télé en mangeant est mauvais pour l'acquisition du langage chez les enfants

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Regarder la télévision en mangeant est mauvais pour la santé et le développement, surtout ceux des enfants. 1:25
Regarder la télévision en mangeant est mauvais pour la santé et le développement, surtout ceux des enfants. © Vidmir Raic/Pixabay
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Regarder la télé en mangeant nuit à l'acquisition du langage chez les enfants, d'après le résultat d'une étude menée par l'Inserm. Ceci s'explique par le manque d'échanges qui en est la conséquence, selon Jonathan Bernard, l'un des chercheurs qui ont suivi un groupe de 1.500 enfants de la naissance jusqu'à l'âge de 6 ans. 
DÉCRYPTAGE

On savait déjà que trop regarder les écrans n'était globalement pas bon pour le développement du cerveau des enfants, et que manger en regardant la télé faisait grossir. On découvre aujourd'hui qu'en plus, cette pratique peut avoir des conséquences sur le langage des enfants ! Le résultat d'une étude menée par l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médical) montre que regarder la télé en mangeant nuirait à l'acquisition du langage chez les plus jeunes. Pour arriver à cette conclusion, ces chercheurs ont suivi un groupe de 1.500 enfants, de la naissance jusqu'à l'âge de 6 ans.

Moins de vocabulaire et d'aisance verbale

Durant plusieurs années, ils ont mesuré le temps d'exposition à la télévision durant les repas et scruté l'évolution du langage de ces enfants. Résultat : dans les familles qui gardent la télé allumée lorsqu'elles passent à table, les enfants ont, à l'âge de 5 ans, un peu moins de vocabulaire et moins d'aisance verbale que les enfants du même âge, qui ont l'habitude de manger sans écran. 

"Le langage de l'enfant s'acquiert dans l'échange"

L'une des explications est qu'un dialogue entendu à la télévision n'est pas mémorisé de la même façon qu'une conversation en direct à table, avec sa famille. 

"Le langage de l'enfant s'acquiert dans l'échange. Il a besoin de répéter les mots, il a besoin de les entendre prononcés par quelqu'un d'autre, d'être repris sur sa prononciation. Il a besoin d'apprendre des synonymes, de construire sa syntaxe", détaille Jonathan Bernard, co-auteur de l'étude. "Et ça, ça se fait avec un retour que ne fait pas forcément l'écran. Lorsque les écrans sont allumés dans l'environnement familial, en arrière-plan notamment, ils ont tendance à diminuer la qualité et la quantité des échanges entre les parents et les enfants."

L'idée n'est pas de bannir les écrans, poursuit ce chercheur, mais de faire en sorte qu'ils n'empiètent pas trop sur des moment d'échanges. Le conseil vaut aussi d'ailleurs pour les tablettes et aux smartphone à table, car ils ont tendance eux aussi à réduire le niveau de conversation.

Europe 1
Par Anne Le Gall, édité par Séverine Mermilliod