AVC : le vaccin contre le zona diminue-t-il le risque ?

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D'après des chercheurs, le vaccin contre le zona pourrait être une bonne méthode pour éviter de développer un AVC. 2:58
D'après des chercheurs, le vaccin contre le zona pourrait être une bonne méthode pour éviter de développer un AVC. © AFP
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Des chercheurs de l'université américaine de Yale ont récemment émis l'hypothèse que le vaccin contre le zona, une maladie de la peau, pouvait diminuer le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC). Quels sont les liens entre ces deux maladies, qui semblent a priori très éloignées ? Décryptage avec le docteur Jimmy Mohamed.
ANALYSE

Et si le vaccin contre le zona, une maladie de la peau très répandue, pouvait réduire le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC) ? C'est l'hypothèse de chercheurs de l’université de Yale, relayée par notre chroniqueur et docteur Jimmy Mohamed au micro de Mélanie Gomez. Dans leur étude qu'ils ont présentée au congrès de l’American Stroke Foundation à Los Angeles, les chercheurs ont comparé deux millions de personnes inscrites au programme Médicare, le système d'assurance maladie aux États-Unis. Parmi elles, un million avaient été vacciné contre le zona entre 2008 et 2014, contrairement à un autre groupe d'un million de personnes non vaccinées. 

Les chercheurs ont ensuite ajusté les résultats pour tenir compte de l’âge, du sexe, des origines et des antécédents médicaux des personnes. Et, "ils ont mis au jour une réduction du risque d’AVC de 16% chez les personnes vaccinées", indique le docteur Jimmy Mohamed, sur Europe 1. "Ces personnes vaccinées présentaient un risque diminué de 18% d'AVC ischémique (lorsqu'une artère se bouche dans le cerveau) et de 12% d'AVC hémorragique (saignement dans le cerveau)". Le docteur Jimmy Mohamed précise également que "dans la population âgée de 66 à 79 ans, on observe une diminution du risque d’AVC de 20%."

Un lien déjà démontré 

Le lien entre le zona et l'AVC avait déjà été démontré dans une étude publiée dans le Journal of American College of Cardiology, rappelle Jimmy Mohamed. Les chercheurs avaient étudié plus de 500.000 patients sur une période de dix ans et, parmi eux, avaient identifiés plus de 23.000 cas de zona. "Les personnes qui développaient un zona présentaient un risque supérieur de 59% de développer un accident vasculaire cérébral (AVC) et de 41%, un infarctus", souligne le médecin. Un risque, selon lui, "plus élevé l'année qui suivait le zona". 

Mais comment expliquer le lien entre ces deux pathologies bien distinctes ? Tout d'abord, "le zona touche plus souvent des sujets âgés et le risque d’AVC augmente avec l’âge", explique le médecin. Deuxième explication possible : "le virus du zona entraînerait une inflammation au niveau des artères et plus particulièrement au niveau de celles du cerveau, favorisant ainsi l’AVC", poursuit Jimmy Mohamed. 

Une étude à prendre avec prudence

La vaccination serait d'autant plus utile qu'elle pourrait, hormis le zona et l'AVC, empêcher les douleurs post-zostériennes, autrement dit, les douleurs que l'on ressent après la disparition du zona. Pour se faire vacciner contre le zona, le docteur rappelle qu'il faut "être âgé de plus de 50 ans" et assure que ce "vaccin est recommandé pour les personnes âgées de 65 à 74 ans". Une dose suffit et le vaccin ne nécessite pas de rappel, d'après lui. S'il est très bien toléré, Jimmy Mohamed précise que "le seul effet secondaire est une douleur et une inflammation au niveau du point d'inflammation". En cas de questions, le docteur conseille d'en discuter avec son médecin traitant. 

Jimmy Mohamed invite également à rester prudent malgré les résultats de cette étude. "Les personnes vaccinées sont peut-être mieux suivies car tout le monde ne se vaccine pas contre le zona", suppose-t-il. Il ajoute également : "Ces patients ont une meilleure hygiène de vie et bénéficient peut-être une meilleure prise en charge médicale".

Europe 1
Par Tiffany Fillon