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Océane Théard, à Paris, édité par Manon Fossat
Depuis la mise en place du pass sanitaire étendu, les officines croulent sous les demandes de tests antigéniques. Certaines affichent même complet pendant dix jours sur des lieux de vacances particulièrement fréquentés. Une situation difficile à accepter pour les pharmaciens, qui ne s'attendaient pas à devoir assumer ce dépistage de masse.
REPORTAGE

Pour les loisirs, le pass sanitaire est entré dans la vie des Français depuis maintenant trois jours. Aller boire un verre, manger au restaurant, regarder un film au cinéma… Il est désormais nécessaire de présenter son QR code pour avoir accès à ces activités. Alors depuis, les pharmacies sont prises d'assaut. Devant les officines, c'est en effet la ruée vers les tests antigéniques, où le personnel fait tant bien que mal face à la demande.

"On tourne cinq fois et puis on ressort le coton-tige". Ces gestes, Sima les connaît par cœur. Depuis six mois, cette étudiante procède à des tests Covid sous une tente devant cette pharmacie du 15e arrondissement de Paris. Et depuis la mise en place du pass sanitaire, le rythme s'accélère. "Aujourd'hui, on a eu 80 personnes. Avant, on en faisait entre 25 et 30 par jour", constate-t-elle. "C'est surtout pour les gens qui veulent voyager ou faire des activités. Mais c'est un peu speed", reconnaît la jeune femme.

"Pas là pour tester tous les touristes de passage"

Dans la queue, des dizaines de personnes sont venues dans l'espoir de récupérer leur précieux sésame, à savoir un test négatif de moins de 72 heures. Parmi eux, Aloïs, qui vient de passer par l'étape écouvillon dans le nez pour pouvoir siroter une bière avec ses copains. "Je ne me suis pas encore fait vacciner, je n'ai pas la première dose parce que j'avoue que j'ai eu la flemme. Mais ce soir, je dois aller en terrasse rejoindre des amis donc pour le moment je me contente du test", admet le patient qui dit réfléchir à se faire vacciner dans les prochains jours.

Dans une pharmacie voisine, l'afflux de demandes de tests a même fait planter le système informatique. Une situation que déplore Théodore, lui-même pharmacien dans ce commerce. "Au départ, nous étions simplement là pour rendre service à nos patients et à ceux qui avaient des symptômes afin qu'ils puissent rentrer dans leur famille sans crainte. Mais nous ne sommes pas là pour tester tous les touristes de passage", alerte ce professionnel qui le répète : les pharmacies ne sont pas faites pour un dépistage de masse.