Le tocilizumab est-il le nouveau remède contre le coronavirus ?

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Le tocilizumab a réduit "significativement" la proportion de patients ayant dû être transférés en réanimation à cause du coronavirus. (Photo d'illustration) 1:57
Le tocilizumab a réduit "significativement" la proportion de patients ayant dû être transférés en réanimation à cause du coronavirus. (Photo d'illustration) © Pixabay
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Testé sur 65 personnes atteintes d'une forme grave du Covid-19, le tocilizumab a réduit "significativement" la proportion de patients ayant dû être transférés en réanimation, d'après les premiers résultats d'une étude menée par l'AP-HP.

Ce sont de premiers essais prometteurs. Selon une étude française pas encore publiée de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), dont les premiers résultats ont tout de même été dévoilés lundi, le tocilizumab, un immuno-modulateur, a montré son efficacité pour prévenir "l'orage inflammatoire" chez les patients du Covid-19 dans un état grave.

Une réduction "significative" des patients transférés en réanimation ou décédés 

Le traitement via ce médicament a "diminué de façon significative le nombre de patients qui vont en réanimation", explique au micro d'Europe 1 le professeur Olivier Hermine, coordinateur de cet essai. "Et quand on ne va pas en réanimation, on a beaucoup plus de chances de survivre." Ces résultats doivent encore être "consolidés" et seront publiés dans une revue scientifique d'ici à quelques semaines.

Mais l'AP-HP explique avoir décidé de les rendre publics dès maintenant "pour des raisons de santé publique", du fait du contexte de crise pandémique, et les avoir communiqués aux autorités sanitaires françaises et à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le tocilizumab (Actemra ou RoActemra), du laboratoire Roche, appartient à la famille des anticorps monoclonaux - des anticorps créés en laboratoire, issus d'une seule et même souche de lymphocytes et conçus pour répondre à une cible précise.

Un traitement habituellement utilisé contre la polyarthrite rhumatoïde

Utilisé habituellement dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, il agit en bloquant le récepteur d'une protéine du système immunitaire qui joue un rôle important dans le processus inflammatoire. Certains patients atteints par le nouveau coronavirus connaissent une brusque aggravation de leur état après plusieurs jours, à l'origine d'une détresse respiratoire aiguë. Un phénomène probablement lié à une réaction immunitaire excessive de l'organisme.

65 patients ont reçu une ou deux injections de tocilizumab en plus du traitement standard (oxygène, antibiotiques et anticoagulants), tandis que l'autre moitié (64) a reçu uniquement les soins standards. Ils ont ensuite été suivis pendant 14 jours pour obtenir ces résultats intermédiaires, un suivi qui se poursuivra pour confirmer les conclusions. À ce stade, les chercheurs n'ont pas observé plus d'effets secondaires indésirables chez les patients ayant reçu l'immuno-modulateur que chez ceux qui ont reçu le traitement standard, a souligné le Pr Mariette.

Environ 800 euros par injection

D'autres équipes ont déjà fait état de résultats encourageants concernant le tocilizumab, à l'hôpital Foch notamment, mais ils s'agissait d'études "ouvertes" qui n'apportent "pas le même niveau de preuve" et "ne permettent pas de définir un standard de traitement", ont souligné les chercheurs de l'AP-HP. Le coût actuel du tocilizumab est d'environ 800 euros par injection, un prix élevé mais bien moindre que celui d'une journée d'hospitalisation dans un service de réanimation, ont-ils indiqué.

Un médicament comparable, le sarilumab (Kevzara), développé par Sanofi et Regeneron est également testé dans le cadre du même programme d'essais cliniques, baptisé CORIMMUNO, et les premiers résultats devraient être connus "dans les tout prochains jours", selon le Pr Mariette.

Europe 1
Par Eve Roger, édité par Ugo Pascolo avec AFP