Un malinois, race de chien renifleur par excellence (photo d'illustration). 3:27
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Maxime Dewilder
Europe 1 recevait, mardi soir, le docteur vétérinaire Dominique Grandjean, par ailleurs professeur à l'école nationale vétérinaire d'Alfort. Son idée, pour endiguer l'épidémie de coronavirus : former des chiens renifleurs pour dépister les personnes atteintes du coronavirus.
INTERVIEW

Alors que l'épidémie de coronavirus se poursuit en France, et connaît même un rebond, un docteur vétérinaire a eu une idée originale pour apporter sa contribution à la lutte contre le virus : former des chiens renifleurs pour dépister les personnes atteintes du Covid-19. Dominique Grandjean, par ailleurs professeur à l'école nationale vétérinaire d'Alfort, était l'invité d'Europe 1, mardi, pour détailler les avancées de ce procédé.

Ce "travail d'équipe" permet aujourd'hui de certifier un taux de dépistage d'environ 90% par les chiens. "Nos résultats sont fonction des chiens mais nous avons des sensibilités qui oscillent entre 87% et jusqu'à 98,5%", précise le docteur Grandjean. À l'heure actuelle, environ 15.000 personnes ont été testées au dépistage par le chien.

"Le virus n'a pas d'odeur en soi"

Mais, concrètement, comment cela fonctionne ? Le virus aurait une odeur détectable par le meilleur ami de l'homme ? "Non, le virus n'a pas d'odeur en soi", répond le vétérinaire. En revanche, le Covid-19, une fois dans l'organisme, "se réplique ou se sert des cellules dans lesquelles il s'est niché et c'est cela qui génère la production de molécules spécifiques du passage du virus et de la maladie". Ces molécules sont excrétées par l'organisme par morceau ou entière, notamment à travers la sueur. C'est donc à travers des échantillons de sueur que le chien renifle et détecte, ou pas, la présence du coronavirus chez la personne observée.

Deux aéroports ont déjà déployé ce procédé pour détecter le coronavirus chez les voyageurs, celui de Beyrouth au Liban et celui de Dubaï aux Emirats arabes unis. Et le professeur Grandjean en veut plus ! Il attend "que le gouvernement et les Autorités régionales de santé fassent signe" pour appliquer ce procédé largement en France.