Dans les hôpitaux, une grève du codage pour "taper l'administration au porte-monnaie"

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Pour faire réagir administration des hôpitaux, certains médecins arrêtent de transmettre à l'Assurance maladie les données sur les actes qu'ils réalisent, empêchant tout remboursement. 
REPORTAGE

"On préfère embêter l'administration, même si on n'a rien contre eux, que d'embêter les patients", revendique Marie-Astrid, médecin du CHU de Caen, au micro d'Europe 1. La fronde continue dans les hôpitaux. Et certains médecins expérimente une nouvelle forme de lutte : la grève du codage. En d'autres termes, arrêter de transmettre à l'Assurance maladie les données sur les actes qu'ils réalisent pour empercher tout remboursement, et ainsi taper l’administration au portefeuille. Lancée dans les hôpitaux parisiens, cette grève s'étend à d'autres villes comme Marseille, Clermont-Ferrand et Caen.  

"Coup de pied dans la fourmilière"

En sortant du bloc opératoire, Marie-Astrid n'a pas informé l'assurance maladie de l'intervention pratiquée : la direction ne pourra pas être remboursée. Un moyen de pression qui cible la tarification à l'activité. "C'est comme mettre un coup de pied dans la fourmilière pour que le message passe. Taper un peu au porte-monnaie le système des hôpitaux va peut-être faire bouger les administratifs qui ont le pouvoir", explique-t-elle. 

La méthode divise. "On accélère notre naufrage", lance un médecin d'un hôpital parisien. "Moins de codage, c'est moins de budget." Dans cet autre CHU, 60% du financement dépend de cette transmission. Avec la grève, le directeur estime les pertes à environ 200.000 euros par jour. "Ca a donc un impact direct sur l’organisation de l'hôpital, sur la poursuite des soins. On aura du mal à rectifier ensuite." Reste qu'en s'attaquant au financement des hôpitaux, les grévistes ne trouvent pas forcément un adversaire dans leur administration. Des revendications communes face au gouvernement les constituent parfois alliés. 

Europe 1
Par Romane Hocquet