Coronavirus : "Il nous faut apprendre à nous discipliner", exhorte un urgentiste

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Raphaël Pitti 7:34
Pour le professeur Raphaël Pitti, le relâchement du confinement est du pain béni pour le Covid-19 "qui se sert de nous pour se déplacer". © JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
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Invité d'Europe 1, samedi soir, Raphaël Pitti, médecin anesthésiste et réanimateur en renfort au CHU de Metz depuis le début de la crise sanitaire, a exhorté les Français à la discipline et au civisme, après la découverte d'un nouveau foyer de contamination en Dordogne. "C'est dans cette discipline que nous pourrons limiter le nombre de victimes du coronavirus", a-t-il insisté.
INTERVIEW

"Chacun de nous est responsable de lui-même et des autres", rappelle le professeur Raphaël Pitti, médecin urgentiste humanitaire, anesthésiste et réanimateur en renfort au CHU de Metz (Lorraine). Invité d'Europe 1, samedi soir, celui-ci a réagi à la découverte d'un nouveau foyer de contamination en Dordogne, implorant les Français à "être vigilants chacun pour soi et chacun pour tous."

Le Covid-19 "se sert de nous pour se déplacer"

Selon lui, le virus ne demande qu'à se propager. Dans ces conditions, le relâchement du confinement est du pain béni pour le Covid-19 "qui se sert de nous pour se déplacer". Si, comme le rappelle le docteur Raphaël Pitti, le virus "a réussi à faire le tour de la Terre en 18 jours", il n'est pas étonnant qu'il se soit propagé de personne en personne lors de funérailles ayant rassemblé des dizaines de personnes dont plusieurs arrivaient du Portugal et de Suisse. "Il nous faut apprendre à nous discipliner aussi fortement que savent le faire les Japonais ou les Sud-Coréens", abonde-t-il, alors que les Français pourront de nouveau sortir de chez eux, à compter de lundi.

Ce qui s'est passé en Dordogne ne restera pas un cas isolé, selon le médecin. "Je pense qu'il n'y aura pas de pic, mais nous aurons des foyers de contamination dont vont émerger des groupes d'individus", estime-t-il, insistant sur le fait que cette région de la France était jusqu'ici plutôt épargnée par la pandémie.  

Le civisme, en plus des gestes barrières

À partir du 11 mai, et malgré les contrôles qui seront mis en place, il sera impossible de limiter tous les flux d'allers et venues à travers le territoire. C'est donc le civisme qui doit être de mise, en plus des gestes barrières. "Chacun de nous est responsable de lui-même et des autres", insiste le professeur Raphaël Pitti. "C'est dans cette discipline que nous pourrons limiter le nombre de victimes du coronavirus, et il nous faut apprendre à vivre avec ce virus dans cette discipline que nous devons assimiler et nous approprier".

Une discipline qui part de gestes simples, selon lui. "Se tenir à distance les uns des autres, ne plus s'embrasser, ne plus se serrer la main, avoir son gel hydroalcoolique sur soi, se laver les mains aussi souvent que nécessaire, ne pas toucher tous les légumes et les œufs dans un supermarché...", énumère-t-il.

Dernièrement, nombre de responsables politiques se sont succédés au pupitre de l'Assemblée pour préparer le déconfinement, sans que ce pupitre ne soit désinfecté. Pourtant, le professeur Raphaël Pitti estime que les responsables politiques ont un rôle non négligeable à jouer dans cet apprentissage. "L'exemple doit partir du haut, il est nécessaire que tous les responsables commencent à montrer le bon exemple à travers leurs déplacements et dans leur vie privée", ajoute le médecin. "C'est véritablement une nouvelle discipline".

Europe 1
Par Pauline Rouquette