Consommation de viande rouge : "Les très gros mangeurs sont des populations à risque"

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Invité sur Europe 1 samedi, Gilles Salvat, directeur général à la recherche au sein de l’ANSES, a rappelé les recommandations de consommation de viande rouge, après la parution d'une étude sur le sujet.
INTERVIEW

La consommation de viande rouge est-elle vraiment mauvaise pour la santé ? Une étude publiée lundi dernier par un panel de chercheurs assure qu'il n'en existe aucune preuve. L’équipe a réexaminé des dizaines d’études conseillant de limiter la consommation de viande rouge et de charcuterie pour prévenir cancers et maladies du cœur. En conclusion, les chercheurs invitent les adultes à continuer leur consommation actuelle de viande et de charcuterie, c’est-à-dire trois à quatre portions par semaine en moyenne en Europe et en Amérique du Nord.

Plusieurs experts ont toutefois dénoncé les conclusions de cette étude à l’image de Gilles Salvat, directeur général délégué à la recherche au sein de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Il était l'invité de Laurent Mariotte, samedi dans La table des bons vivants.

"Le message passé par cette étude n’est pas très bon"

L’ANSES préconise une consommation limitée à 150g de charcuterie et 500g de viande rouge – essentiellement le bœuf et le mouton - par semaine. L’agence obtient ces résultats en réalisant, notamment, des enquêtes épidémiologiques d’observation qui permettent d'analyser l'impact de certains régimes alimentaires sur la santé. "C'est comme cela que nous avons pu faire une association entre la viande rouge et les risques de cancers", a détaillé Gilles Salvat au micro d’Europe 1. La viande est un bon supplément en fer pour l’homme mais le fer en trop grande quantité, et associé à d’autres molécules, "peut favoriser les cancers du côlon", a-t-il précisé.

"Le message passé par cette étude n’est pas très bon, a-t-il poursuivi. Les messages nutritionnels ne servent pas à culpabiliser les gens mais à faire en sorte que les très gros mangeurs de viande réduisent leur consommation. Car ces très gros mangeurs sont vraiment les populations à risque". D’après Gilles Salvat, "dire que les recommandations ne valent rien du tout", c’est alors prendre le risque "d’inciter ceux qui mangent beaucoup à ne pas changer leur alimentation".