"C'est de la folie !" : les dépistages du coronavirus à la chaîne épuisent les biologistes

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Les files d'attente sont de plus en plus importantes devant les laboratoires. (photo d'illustration) 1:21
Les files d'attente sont de plus en plus importantes devant les laboratoires. (photo d'illustration) © AFP
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Il n'est plus nécessaire d'avoir une ordonnance pour se rendre dans un laboratoire et se faire dépister du coronavirus. Avec la rentrée, les Français sont donc de plus en plus nombreux à le faire et les laboratoires sont désormais débordés. "Depuis quelques jours, on prélève plus que l'on ne peut tester", explique un biologiste lyonnais au micro d'Europe 1.
REPORTAGE

L'objectif du gouvernement était de réaliser un million de tests PCR hebdomadaires début septembre pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. L'objectif semble être atteint, mais au détriment des médecins biologistes qui voient leurs laboratoires bondés depuis plusieurs semaines. Avec la rentrée, de plus en plus de monde souhaite se faire dépister et les tests à la chaîne provoquent l'épuisement des professionnels, parfois au bord de la rupture.

"Du moment où on ouvre le laboratoire jusqu'à sa fermeture le soir, il y aura du monde sans arrêt"

À Lyon par exemple, ce sont au moins dix personnes qui, toute la journée, attendent devant le laboratoire Unilians dans le quartier de la Croix-Rousse. Des personnes qui souffrent des symptômes de coronavirus, comme Baptiste, des personnes qui veulent être rassurés. "J'ai été testé négatif la semaine dernière, mais je suis parti en vacances et dans la maison où j'étais, sept de mes amis sur huit ont été testés positifs et je suis le seul négatif", explique le jeune homme au micro d'Europe 1. 

En trois semaines, l'activité du laboratoire a été multipliée par deux, explique Michel Fernandez, son responsable. "C'est de la folie !" lâche-t-il. "Du moment où on ouvre le laboratoire jusqu'à sa fermeture le soir, il y aura du monde sans arrêt", explique Michel Fernandez, qui raconte qu'avant la crise, 80 dossiers étaient traités par jour. "Là, on en fait 160. Depuis quelques jours, on prélève plus que l'on ne peut tester", affirme-t-il. Cette situation provoque d'importants délais : "Actuellement, mon agenda est plein jusqu'à la fin de la semaine prochaine."

Trente à quarante prélèvements réalisés par jour : "C'est un marathon !"

Pour faire face à la demande dans ce laboratoire, les six personnels habilités à faire des tests PCR font des journées de onze heures... et cela ne suffit même pas. Il a fallu faire appel à trois étudiants en médecine, comme Arnaud en sixième année. "Je viens essentiellement en renfort pour le prélèvement de Covid", explique-t-il au micro d'Europe 1. En une journée, il peut en faire entre trente et quarante. "C'est intense, c'est sûr. C'est un marathon !" lâche-t-il. 

Cette mobilisation de tous va devoir se maintenir sur la durée. Avec l'explosion actuelle des cas, "il faudra s'en souvenir", préviennent déjà les syndicats de biologistes privés à l'attention du gouvernement.

Europe 1
Par Jean-Luc Boujon, édité par Ariel Guez