"C’est comme être en prison" : les résidents d'Ehpad accablés par le protocole sanitaire

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Les résidents des maisons de retraite représentent 45% des décès depuis le début de la crise sanitaire. 1:36
Les résidents des maisons de retraite représentent 45% des décès depuis le début de la crise sanitaire. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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La donne est en train de changer dans les Ehpad où les personnes âgées, principales victimes du coronavirus, bénéficient d'une vaccination accélérée. Pourtant, ils regrettent de voir les mesures restrictives maintenues. Europe 1 s’est rendue à la Maison Mon Repos de Sartrouville, dans les Yvelines.

La vaccination contre le Covid-19 continue à un rythme soutenu et les personnes âgées en sont les principaux bénéficiaires. En Ehpad notamment, 75% des résidents ont reçu au moins une première dose du vaccin Pfizer ou Moderna. Cette vaccination massive devait permettre de retrouver une vie plus normale dans ces établissements. Pourtant, le protocole sanitaire est toujours aussi strict. "C’est quelque chose d’insupportable. C’est comme si on était en prison", se désole Madeleine, 94 ans, au micro d’Europe 1.

Dans cette maison de retraite des Yvelines, un peu plus de 60% d’entre eux ont reçu les deux injections du vaccin Pfizer. Mais les visites restent limitées. "Si on a pris justement ce risque de se faire vacciner, c’était pour avoir un petit avantage dans notre vie… Il n’y en a pas." Sachant son âge avancé, elle explique vouloir profiter au maximum de ses proches. "Si j’étais jeunes, je me dirais, 'c’est un mauvais moment à passer mais on récupérera'. Moi, je n’ai pas de temps pour attendre."

"Retrouver un semblant de vie"

La directrice de cet Ehpad, Vanessa Rhino, plaide également pour un assouplissement du protocole sanitaire, arguant que les résidents se sont fait vacciner pour "retrouver un semblant de vie" : "Je suis tout à fait dans cet optique : donner un peu plus d’accès aux familles, laisser un peu plus de liberté aux résidents. Il faudrait vraiment assouplir les règles." La difficulté demeure de devoir composer en permanence avec la protection des séniors pas encore immunisés.

Du côté du gouvernement, le ministre de la Santé, Olivier Véran, évoque une demande "légitime" mais invoque la nécessité de "données fiables". "On saura bientôt en mesure de dire si la vaccination en Ehpad permet d’éviter les formes graves et les hospitalisations", a-t-il déclaré jeudi soir en conférence de presse, ajoutant : "J’espère, comme les 700.000 résidents en Ehpad, que nous pourrons lever davantage les contraintes sanitaires."