Violences envers les maires : "Il faut créer un numéro d'urgence", réclame Philippe Baudrin

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Agressé au mois d'août lors d'une intervention dans sa commune, Philippe Baudrin a été reçu jeudi par le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu. Il demande de nouvelles mesures pour lutter contre la violence. 

Philippe Baudrin se dit "ravi". Ce jeudi, le maire UDI de Maing, dans le Nord, a rencontré Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités territoriales, pour évoquer les agressions dont les élus sont victimes dans le cadre de leur mandat. Ils étaient dix maires à témoigner aujourd'hui auprès du ministre. "Je suis ravi parce que le ministre nous a écoutés. Il a pris le temps d'entendre chacune de nos histoires", a souligné l'édile au micro de Nathalie Lévy, sur Europe 1. 

"En composant le 17, les minutes étaient très longues"

L'agression de Philippe Baudrin ne remonte qu'à quelques semaines. Le 20 août dernier, des riverains l'appellent pour signaler un campement sauvage de gens du voyage sur un terrain communal. Arrivé sur place, l'un des occupants l'attaque d'un coup de poing. Renforts et secours tardent à arriver. "Je me suis aperçu à ce moment qu'en composant le 17, les minutes étaient très longues avant que les forces de l'ordre ne décrochent", se souvient le maire de Maing. D'où sa première proposition : "J'ai fait remarquer à monsieur le ministre qu'il faut absolument créer un numéro d'urgence destiné aux élus en cas de difficultés ou d'agression, pour pouvoir alerter les forces de l'ordre le plus rapidement possible, et être géolocalisé." Sa suggestion semble avoir été entendue : "Le ministre a dit que ça allait se faire dans le futur", affirme-t-il. 

Si l'Etat a promis de financer leurs frais d'avocat et le soutien psychologique dont ils ont besoin, les maires réclament désormais des mesures garantissant en amont leur sécurité. "Je suis maire d'une commune de 4.000 habitants. On a un seul officier de police municipale, car il y a bien-sûr une question de budget." À ce sujet aussi, Philippe Baudrin y va de sa proposition : "J'ai demandé à ce que la formation d'officier de police judiciaire que nous proposons aux élus du Nord soit obligatoire dès les premières semaines de mandature." Sébastien Lecornu a assuré à l'édile que cette mesure serait mise en pratique dès 2020. 

"Je ne suis pas inquiet, je suis enthousiaste"

En 2018, 361 maires français ont été agressés, dont 40% physiquement. D'après Philippe Baudrin, la réponse de l'Etat commence à se faire entendre. "Je pense que l'élément déclencheur, c'est l’événement tragique de la mort du maire de Signes, dans le Var." Début août, Jean-Mathieu Michel, maire de Signes depuis 1983, a été renversé par un fourgon alors qu'il venait d'apercevoir plusieurs individus en train de décharger illégalement des gravats sur un chemin privé. "Lorsque j'ai été agressé, les forces de l'ordre ont pris immédiatement le problème à bras le corps. Je pense que le suivi est beaucoup plus important depuis le drame de Signes."

Et pour rasseoir l'autorité des maires de France auprès des contrevenants, l'Etat mise déjà sur le projet de loi Engagement et Proximité, qui leur accordera le pouvoir de sanctionner. Une nouvelle mesure qui satisfait Philippe Baudrin. Pour lui, il n'est pas question de baisser les bras. "Je ne suis pas inquiet, je suis enthousiaste. Ce qui me porte c'est ce que nous faisons au jour le jour sur le terrain." En 2020, il sera à nouveau candidat. 

 

 

 

Europe 1
Par Laetitia Drevet