Tribune d'Emmanuel Macron sur l'Europe : pour Philippe de Villiers, "ça s’appelle du marketing"

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Pour l’ancien député européen, interrogé mardi par Audrey Crespo-Mara sur Europe 1, la tribune publiée par Emmanuel Macron avant les élections européennes fait preuve de démagogie.
INTERVIEW

La tribune aux Européens d'Emmanuel Macron, dont on le dit proche, n'a pas réussi à le faire vibrer. "On a entendu ça 150 fois, ça s’appelle du marketing", a fustigé, mardi au micro d'Audrey Crespo-Mara sur Europe 1, Philippe de Villiers, ancien eurodéputé et fondateur du Mouvement pour la France.

Le choix des mots. Dans ce texte, diffusé le 4 mars dans l'ensemble des pays membres de l'UE, le président de la République appelle à "une renaissance européenne", et propose notamment la création d'une police des frontières commune, la mise en place d'une Banque du climat ou encore une réforme politique de la concurrence avec une "préférence européenne".

"La tribune d'Emmanuel Macron est un salto arrière, médaille d'or aux Jeux olympique !", ironise Philippe de Villiers. "Un européiste, c'est quelqu'un qui, dans l'ordinaire des jours, critique une Europe forteresse, veut de la mondialisation, veut plus d'Europe. Et puis, quand il entre en compagne, il utilise les mots 'préférence européenne', 'Europe protectrice', les 'frontières', 'mettre à plat Schengen'. On a entendu ça 150 fois", estime le fondateur du Puy du Fou.

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"Faites un référendum sur l'immigration". "Je lui ai dit qu'il faut arrêter d'être européiste, au sens de la Commission européenne qui nous massacre. Il faut arrêter d'être mondialiste avec le pacte de Marrakech, et il faut arrêter d'être multiculturaliste. Je lui ai dit : 'faites un référendum sur l'immigration, c'est le problème numéro un pour les Français'", poursuit Philippe de Villiers, qui publie J'ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu, ouvrage dans lequel il prétend, sur la base de documents déclassifiés, que l'Union européenne serait le fruit d'un complot des Américains.

Face à la crise des "gilets jaunes". Il estime également ne pas avoir retrouvé, durant la crise des "gilets jaunes", la figure présidentielle qui avait su le séduire pendant la campagne électorale. "Ce que l'on attend de la figure présidentielle, c’est de la verticalité", s'agace Philippe de Villiers. "Ça n'est pas de faire des débats de six heures sur des questions catégorielles, importantes mais secondaires par rapport à la question essentielle : Que fait-on du pouvoir confié aux politiques ? Où est-il ? Il n'est plus en France. Et qu'est-ce que l'on fait de la France ?", énumère encore cet ancien secrétaire d'Etat à la Culture. "Emmanuel Macron est virevoltant, il est talentueux mais, pour moi, le message des 'gilets jaunes' n'a pas été entendu."