Sur quoi portent les enquêtes qui visent Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise ?

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Jean-Luc Mélenchon a filmé en direct les perquisitions à son domicile mardi matin.
Jean-Luc Mélenchon a filmé en direct les perquisitions à son domicile mardi matin. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Le domicile du leader de La France insoumise et les locaux du mouvement ont été perquisitionnés mardi dans le cadre de deux enquêtes sur ses comptes de campagne et ses assistants parlementaires.

"Un coup de force politique, policier et judiciaire", voilà comment La France insoumise (LFI) a dénoncé les perquisitions menées mardi matin dans les bureaux du mouvement, mais également au Parti de gauche et au domicile de Jean-Luc Mélenchon. Organisées par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions, ces perquisitions sont liées à deux enquêtes en cours qui visent le leader de LFI, sur ses comptes de campagne de 2017 et sur ses assistants parlementaires quand il était député européen.

Pris dans l’enquête sur les assistants parlementaires européens

La première enquête concerne des présumés emplois fictifs d'assistants parlementaires européens, ouverte à la suite de signalements de l'eurodéputée frontiste Sophie Montel. Elle accuse La France insoumise d'avoir fait financer par l'UE le salaire de personnes travaillant en fait pour le mouvement au niveau national. Jean-Luc Mélenchon, député européen de 2009 à 2017, ainsi que trois de ses ex-assistants, sont visés par cette enquête.

Enquête élargie à plusieurs partis. "Aucun de mes assistants n'a jamais exercé aucune responsabilité politique ni à l'intérieur du Parti de gauche, ni pour la France insoumise, jamais aucun de toute la période du Parlement européen. Donc je ne sais pas pourquoi on me cherche noise", avait réagi à l’époque Jean-Luc Mélenchon.

L'enquête, initialement ouverte le 22 mars 2017, visait d’abord le MoDem. Elle avait d’ailleurs conduit François Bayrou et Marielle de Sarnez à démissionner du gouvernement d’Édouard Philippe en juin 2017, un mois à peine après leur nomination. Par la suite, l’enquête a été élargie à d’autres formations politiques : Les Républicains, le Parti socialiste, l’UDI et, depuis juin 2017, La France insoumise.

Dépenses suspectes dans les comptes de campagne

La seconde enquête porte sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon pendant la présidentielle. Elle a été lancée après deux signalements à la justice, l'un du président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), l'autre de la cellule française de renseignement financier Tracfin.

Deux factures d'associations dans le viseur. La CNCCFP, qui a validé fin 2017 les comptes des onze candidats malgré certaines dépenses retranchées - 434.939 euros sur 10,7 millions déclarés concernant Jean-Luc Mélenchon - avait justifié ce signalement adressé le 16 mars par des "interrogations sur une éventuelle violation" des règles de financement, notamment sur les dépenses facturées par deux associations, L'Ère du peuple et Mediascop.

La commission avait constaté que L'Ère du peuple, association sans activité commerciale déclarée, avait facturé à la campagne 440.027 euros correspondant à des locations de salles, de matériels informatiques et audiovisuels, et à des prestations intellectuelles de quatre de ses salariés, dont trois étaient également membres de l'équipe de campagne. Elle avait retranché une partie des dépenses. Or, a souligné l'autorité, "l'association 'l’Ère du peuple' relève de la loi sur les associations de 1901 et n'a pas d'activité commerciale déclarée". Ses bureaux étaient par ailleurs "situés à la même adresse que l'association de financement électorale".

L'agence Mediascop, dirigée par Sophia Chikirou, alors responsable de la communication du candidat, avait pour sa part facturé 54.600 euros, et la commission en avait retranché 35.250 euros au motif d'"écarts significatifs" entre les montants et "la grille tarifaire de cette entreprise".