Ségolène Royal à Emmanuel Macron : "la France n’est pas une entreprise"

, modifié à
  • A
  • A
L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle juge sévèrement la méthode Macron.
L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle juge sévèrement la méthode Macron.
Partagez sur :
L’ancienne ministre et candidate à la présidentielle a sévèrement critiqué dans le JDD la méthode du président de la République, tout en louant celle du Premier ministre Édouard Philippe.

Ségolène Royal égratigne la méthode Macron. L’ancienne ministre et candidate à la présidentielle a jugé que la France "n’est pas une entreprise" et a appelé le président de la République à faire preuve de "cohérence entre les paroles et les actes", dans un entretien accordé au Journal du dimanche. "Il faut qu’il y ait une cohérence entre les paroles et les actes. La France, ce n’est pas une entreprise. Il y doit y avoir des règles, des repères différents de ceux d’une gestion privée", a taclé Ségolène Royal, qui a dans le même temps accordé un bon point au Premier ministre Édouard Philippe.

"On ne pouvait pas imaginer, alors, que cela allait déraper de cette façon. Parce qu’on a l’impression que tout est devenu instable. Finalement, l’échelon le plus fixe aujourd’hui, c’est le Premier ministre Édouard Philippe, qui amortit plutôt bien les embardées."

"Un pouvoir de plus en plus solitaire". Ségolène Royal a déploré la démission de Gérard Collomb, qui avait "une capacité à dire les vérités qui dérangent". "Je constate surtout que les trois ministres d’État -François Bayrou, Nicolas Hulot et Gérard Collomb- ont quitté leur poste. Trois ministres qui avaient une liberté de parole et une capacité à dire des vérités qui dérangent. Dans l’exercice du pouvoir, même si c’est désagréable, c’est toujours utile", a-t-elle estimé.

L’ancienne ministre de l’Environnement a pointé du doigt l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron, "de plus en plus solitaire" selon elle. "Je l’explique (les déconvenues) par un manque de démocratie participative et par l’exercice d’un pouvoir de plus en plus solitaire, exercé avec un cercle de proches - que des hommes d’ailleurs - de plus en plus restreint. Ils décident de tout, sans être ancrés ni même reliés à la réalité de la vie des Français, aux territoires", juge l’actuelle ambassadrice chargée de la négociation pour les pôles.

"Plus de modestie, plus d’écoute, plus de collectif". Mais alors, que doit faire le président de la République pour se sortir de cette zone de turbulences ? "Exactement ce que préconise Gérard Collomb avec son bon sens local : plus de modestie, plus d’écoute, plus de collectif. Il faut cesser de croire, comme parfois sous le quinquennat précédent, qu’il faut faire des réformes pour faire des réformes. La question, c’est de faire de bonnes réformes, avec de bonnes méthodes", conseille-t-elle à Emmanuel Macron, glissant au passage une petite pique à François Hollande.