Réforme des institutions : Bayrou veut plus de proportionnelle et un durcissement du non cumul

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"La promesse d'Emmanuel Macron, c'était au bout de 3 mandats ça s'appliquera", a rappelé François Bayrou.
"La promesse d'Emmanuel Macron, c'était au bout de 3 mandats ça s'appliquera", a rappelé François Bayrou. © Thomas Samson / AFP
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Le président du MoDem a estimé que le gouvernement avait, d'ici à 2019, le temps d'amender deux points clés de la réforme : non-cumul dans le temps et proportionnelle. 

Le président du MoDem François Bayrou a estimé dimanche que le glissement de calendrier pour la réforme des institutions, pour laquelle le gouvernement se donne jusqu'à 2019, laissait le temps d'amender le projet sur deux point clés: non-cumul dans le temps et proportionnelle.

"Si le Premier ministre dit 2019 c'est qu'il anticipe des évolutions", a dit François Bayrou sur BFMTV, jugeant que "le référendum est une possibilité si on se trouve en situation de blocage" face au Sénat. Par ailleurs, il a estimé que le gouvernement s'était donné un moyen de pression sur le Sénat en évoquant, par la voix d'Édouard Philippe dans un entretien au Parisien de dimanche, "la question de savoir comment on élit les sénateurs".

Au Sénat, l'idée d'"une élection au suffrage universel". "Le Premier ministre dit entre les lignes 'si le Sénat n'écoute pas on peut changer le mode d'élection des sénateurs'", a noté le chef du MoDem. "Si on ne s'entend pas, on peut changer le mode d'élection du Sénat et faire j'imagine, comme beaucoup d'autres pays, une élection au suffrage universel (direct, ndlr), et cela crée un rapport, une tension qui peut être bienvenue", a-t-il ajouté. "C'est l'opinion publique qui au bout du compte jouera son rôle", a considéré le maire de Pau, convaincu que "les Français ont bien compris qu'on ne peut plus avoir ce blocage perpétuel d'élus qui restent dans les mêmes fonctions".

"Il y a un manque absolu à la promesse faite". "La promesse (de campagne d'Emmanuel Macron), c'était au bout de 3 mandats ça s'appliquera", a rappelé François Bayrou, "or là par un tour de prestidigitation, passe-passe, escamotage ça s'appliquerait en 2032 ou 2037, et tout ça a été fait pour essayer de séduire le groupe LR du Sénat (...) et ça ne marchera pas", a-t-il déploré. Selon lui, "on a sacrifié une partie importante de la réforme pour avoir leur accord et au bout du chemin on n'aura pas leur accord et on n'aura plus la réforme". "Je ne peux pas accepter ce qui est en train de se tramer, (...) pour moi il y a là un manquement absolu à la promesse faite et il ne faut pas l'accepter", a-t-il ajouté.

Quant à la dose de proportionnelle retenue pour les législatives, François Bayrou l'a jugée très insuffisante. "15% de proportionnelle ça veut dire 60 sièges", a-t-il analysé, "si on a simplement cette applications là les grosses écuries vont en prendre 35, 40, il va rester 20 sièges sur 400 à se partager entre les minoritaires (...) vous voyez bien que c'est dérisoire".

Sur la SNCF, "le gouvernement ne peut pas faire autrement" que de tenir bon

François Bayrou a appelé le gouvernement à mener à bien sa réforme de la SNCF en dépit de la grève en cours, estimant qu'il "ne peut pas faire autrement". Le président du MoDem a déploré un schéma trop souvent vu selon lui: "On propose un changement, une réforme, un changement important dont on croit qu'il peut jouer un rôle très important pour l'avenir et puis il y a un blocage et on recule". "La France en est à un point où elle ne peut plus accepter cette impuissance", a-t-il ajouté, notant le soutien de l'opinion à la réforme. Pour ce qui est du statut des cheminots, il a estimé que les salariés pourraient sortir gagnants de la réforme.