Raphaël Glucksmann : "Le destin que promettent les souverainistes, c'est un destin de laquais"

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Invité du Grand Rendez-Vous dimanche sur Europe 1, la tête de liste PS-Place publique pour les Européennes a estimé que l'Europe constituait "la seule manière" pour la France d'être un Etat "vraiment souverain". 
INTERVIEW

"Envie d'Europe". Tel est le message porté par Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique pour les élections européennes. Invité du Grand Rendez-Vous, dimanche sur Europe 1, le candidat a rappelé le sens de ce slogan, critiquant le "bashing" des institutions de l'UE. 

"Un destin de laquais de l'empire chinois". "En Italie, vous avez quelqu'un, Matteo Salvini (Premier ministre, ndlr), qui nous explique : 'je suis pour la souveraineté nationale, l'Europe des nations, je vais rendre aux Italiens leur fierté'", illustre Raphaël Glucksmann. "Mais ce n'est pas de la souveraineté nationale ce qu'il propose, ce qu'il propose c'est la Route de la Soie, ce qu'il vient de faire avec la Chine, c'est-à-dire de vendre les infrastructures stratégiques de l'Italie à un empire !", s'exclame le cofondateur de Place Publique. 

"Ce destin de souveraineté nationale que nous proposent Madame Le Pen ou Monsieur Salvini, c'est quoi ?", interroge encore Raphaël Glucksmann. "C'est un destin de laquais de l'empire chinois, de laquais de l'empire russe, de laquais de Donald Trump. Et ça à un moment, il faut le dire et l'enregistrer. La seule manière dans ce monde extrêmement dangereux d'être vraiment souverain, c'est l'Europe."

"Un saut dans la construction européenne". "Il faut assumer de faire une Europe politique", estime alors le candidat. "Aujourd'hui, la France ne pèse rien seule, l'Italie ne pèse rien seule, même l'Allemagne ne pèsera rien seule face à la Chine, à la Russie, aux Etats-Unis, ou même face aux multinationales. Il faut qu'on transforme ce marché en puissance politique, il faut l’assumer, ça n'a pas été assumé jusqu'ici."

"C'est ça l'immense problème de la construction européenne : elle a été laissée entre les deux", conclut Raphaël Glucksmann. "Elle (l'Union européenne, ndlr) est jugée responsable de tous les maux, et même temps elle n'est pas capable de nous protéger. On va assumer un saut dans la construction européenne."