Emmanuel Macron "a fait entrer la Vème République dans une phase terminale", estime Raphaël Glucksmann

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Raphaël Glucksmann était l'invité du Grand Rendez-vous, dimanche. 1:10
Raphaël Glucksmann était l'invité du Grand Rendez-vous, dimanche. © Europe 1
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La tête de liste PS-Place publique a appelé à mettre en place "une démocratie qui respire", dimanche dans le Grand Rendez-vous, sur Europe 1. 
INTERVIEW

"Le dissensus qui existe dans la société ne s'exprime plus dans les institutions, et il s'exprime dans la rue". Telle est l'analyse de Raphaël Glucksmann, invité du Grand Rendez-Vous Europe 1/CNews/Les Echos, dimanche. Invité à s'exprimer sur la crise des "gilets jaunes", la tête de liste PS-Place publique pour les Européennes a estimé qu'il fallait que "les institutions soient changées". 

Une République jugée "monarchique". "On a une République qui est beaucoup plus monarchique que les monarchies constitutionnelles qui nous entourent", estime Raphaël Glucksmann. "Emmanuel Macron, en poussant à bout la logique jupitérienne, la logique d'incarnation verticale du pouvoir, a fait entrer la Vème (République, ndlr) dans une phase terminale. (...) Il faut une démocratie qui respire, et il faut aussi qu'on arrête de considérer que les gens sont des enfants qui ont besoin d'un père. On n'a pas besoin d'un père de la Nation", martèle le candidat. 

"Ce qu'il faut, c'est passer à une dose de proportionnelle et à une participation beaucoup plus grande des citoyens dans la vie politique", détaille Raphaël Glucksmann, rappelant la promesse de campagne d'Emmanuel Macron de mettre en place un "pacte girondin". "Cela veut dire plus d'autonomie et de démocratie locale, partout en France. Il faut donner plus d'autonomie aux régions et aux maires." 

"Jupiter, dans son palais". "Au début de la crise des 'gilets jaunes', il y a eu une proposition qui a été émise par Laurent Berger et Jupiter, dans son palais, a déclaré : 'mais moi je n'ai pas été élu président pour discuter avec les syndicats'", raconte le co-fondateur de Place Publique. "C'est le syndrome de cette présidence monarchique qui considère, en gros, qu'une fois qu'on est élu on peut décider de tout pendant cinq ans", pose-t-il, estimant que "tant qu'il n'y aura pas de réponse politique et sociale", les manifestations se poursuivront. 

Selon un sondage publié dimanche dans le JDD, les mesures fiscales et de pouvoir d'achat, notamment en faveur des retraités, arrivent en tête des espérances des Français à l'issue du "grand débat", mis en place par l'exécutif pour tenter de mettre fin à la crise. 88% des sondés se disent ainsi favorables à une ré-indexation des petites retraites sur l'inflation. Mais l’assouplissement du référendum recueille également une large adhésion : 76% des personnes interrogées se disent ouvertes à un assouplissement des conditions permettant aux citoyens de proposer ce type de scrutin.