Qui sont les derniers des Hollandais ?

Michel Sapin Marisol Touraine Stéphale Le Foll 1280
© AFP
  • Copié
, modifié à
Remarquablement impopulaire, le président de la République peut encore compter sur une poignée de fidèles, personnalités politiques ou issues de la société civile, pour le soutenir.

Décembre 2016. Toute la France semble gagnée par le scepticisme envers son chef de l'État. Toute ? Non ! Une petite poignée d'irréductibles résiste encore et toujours. Des ministres, bien sûr, mais aussi des parlementaires poussent François Hollande à se présenter à sa réélection et promettent de l'épauler dans sa campagne. Sans compter des personnalités issues de la société civile, qui ont également défendu publiquement son bilan.

Des ministres fidèles... Logiquement, les soutiens du chef de l'État se trouvent d'abord au sein de son gouvernement. Parmi les ministres de François Hollande, Stéphane Le Foll, Michel Sapin, Marisol Touraine, Audrey Azoulay, Patrick Kanner ou encore Najat Vallaud-Belkacem sont de fervents supporters. Tous s'attachent, à longueur d'interviews, à défendre le bilan du président et répéter qu'il reste le plus légitime pour représenter la gauche. Dans une récente interview aux Échos, Stéphane Le Foll a même sous-entendu que François Hollande pourrait se lancer directement dans la course à la présidentielle, sans passer par la case primaire. "La primaire ne sert à rien si c'est pour refaire l'histoire du quinquennat", disait-il. "Appeler la droite à participer à la primaire de la gauche pour pouvoir empêcher François Hollande, comme l'a fait Arnaud Montebourg, cela ne peut être accepté."

...d'autres plus discrets. D'autres ministres sont un peu plus en retrait. C'est le cas de Bernard Cazeneuve et Jean-Yves Le Drian, pourtant tous deux très proches de François Hollande. S'ils n'ont pas lâché le chef de l'État, tous deux ont néanmoins peu goûté les confidences de celui-ci publiées dans Un président ne devrait pas dire ça…. Ils se font donc discret, mais le défendent lorsque le besoin s'en fait sentir. "Je pense que [François Hollande] est encore en état de rassembler les Français", affirmait ainsi Jean-Yves Le Drian sur Europe 1 le 6 novembre dernier.

Ségolène Royal, elle aussi, garde une position distante. Invitée de "L'Emission politique" le 10 novembre, elle avait affirmé qu'il n'y avait "pas de candidat naturel" au sein de son camp pour la présidentielle. Elle répondait alors à une question qui portait plus sur Manuel Valls que sur François Hollande, mais son soutien au président n'était pas massif pour autant.

Des soutiens chez les élus. Du côté du Parlement, les soutiens hollandais se réduisent comme peau de chagrin. À l'Assemblée, Bruno Le Roux revendique encore 150 élus légitimistes. Mais selon un  député socialiste cité par Le Parisien, ils sont "moins de 30 prêts à sauter avec Hollande par la fenêtre". "Et je suis peut-être même au-dessus de la réalité", souffle l'élu. Publiquement, plusieurs voix prennent fait et cause pour le chef de l'État. C'est le cas, par exemple, de la sénatrice Frédérique Espagnac, venue à la rescousse de François Hollande après la parution d'Un président ne devrait pas dire ça…. Sébastien Denaja, député de l'Hérault, a lui aussi joué le rôle de pompier après l'incendie, pronostiquant même une victoire de son champion "dès le premier tour de la primaire".

" À l'Assemblée, ils sont moins de 30 prêts à sauter avec Hollande par la fenêtre. Et je suis peut-être même au-dessus de la réalité. "

François Rebsamen, ancien ministre du Travail retourné à la mairie de Dijon, estimait lui aussi le 8 novembre que François Hollande était "le seul capable de rassembler la gauche". Et Julien Dray, conseiller régional d'Île-de-France, était mardi soir à la Bellevilloise, à Paris, pour lancer le collectif "L'Assemblée Générale" ("L'AG"). Chargé de mobiliser en faveur d'une candidature à gauche, ce mouvement doit aussi tâter le terrain pour estimer si, oui ou non, une candidature de François Hollande est préférable.

Acteurs, entrepreneurs et humoristes. La soirée de "L'AG" a d'ailleurs été l'occasion de rassembler de nombreux soutiens du chef de l'État issus, aussi, de la société civile. Était ainsi présent Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point, qui a défendu François Hollande bec et ongle. "Après tout, la synthèse, c'est l'intelligence", avait-il ainsi estimé selon des participants. "Hollande a besoin d'un deuxième quinquennat pour finir ce qu'il a dit, parce que ça marche." Mais aussi l'humoriste Yassine Bellatar ou l'entrepreneur Philippe Lemoine. Ce dernier était l'un des signataires de la tribune dans le JDD appelant à cesser le "Hollande bashing".

Cette tribune donne d'ailleurs un aperçu des soutiens que François Hollande peut avoir dans le monde de la culture ou du sport. Catherine Deneuve, Benjamin Biolay, Juliette Binoche, Denis Podalydès ou encore Yohann Diniz ont voulu "dénoncer cet acharnement indigne" contre le président. Une soixantaine de voix dont le chef de l'État aura bien besoin s'il veut remonter la pente.