Pour Richard Ferrand, organiser un référendum le jour des européennes "ne serait pas une bonne idée"

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© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Le président de l'Assemblée nationale, interrogé dans le JDD, se montre très prudent avec le principe même de référendum. Et refuse catégoriquement qu'il ait lieu le 26 mai 2019.

L'idée est-elle sérieuse, ou n'est-ce qu'une rumeur aux allures de ballon d'essai ? Depuis plusieurs semaines, l'hypothèse d'un référendum organisé après le "grand débat national" fait son chemin. L'exécutif, qui y était catégoriquement opposé au début, semble avoir mis un peu d'eau dans son vin. La date du 26 mai 2019, le jour même de l'élection européenne, a même été avancée. Mais ne plaît pas à tout le monde.

Ne pas "diluer" les questions européennes. À commencer par Richard Ferrand. Le président de l'Assemblée nationale estime dans le JDD qu'un tel scrutin en même temps que les européennes "ne serait pas une bonne idée". "Les enjeux européens sont suffisamment importants pour qu'on ne prenne pas le risque de les diluer dans une très hypothétique consultation référendaire", explique-t-il, laissant sous-entendre qu'il ne s'agit là que de rumeurs. "Ne polluons pas ce débat, ne brouillons pas les messages. Un référendum sur des questions nationales le jour de l’élection européenne ne servirait pas le projet européen."

Le référendum, simple "option parmi d'autres". Le principe même de la consultation ne semble pas plaire outre-mesure à Richard Ferrand. "C'est une option parmi de nombreuses autres", souligne-t-il dans l'hebdomadaire. "Beaucoup de Français s'expriment dans les débats et n'en sont pas obsédés. Et ce n'est pas parce que des manifestants l'exigent qu'il faut claquer des talons et s'exécuter." Les manifestants semblent néanmoins ne pas être les seuls à appeler ce scrutin de leurs vœux. Toujours dans le JDD, un sondage Ifop montre que 73% des Français y sont favorables. Et 50% d'entre eux verraient bien le référendum avoir lieu le 26 mai.

Des réponses "pas forcément spectaculaires". S'il n'y a pas de référendum, que sortira-t-il donc du "grand débat national" ? Selon le président de l'Assemblée nationale, il est en réalité urgent d'attendre. "N'écrivons pas l'ordonnance avant d'avoir fait le diagnostic ! L'Assemblée nationale se saisira des conclusions de la grande consultation pour qu'un grand débat s'y déroule aussi, sans doute au mois d'avril." Et Richard Ferrand d'ajouter que les "réponses" qui seront apportées à la colère et aux problèmes soulevés lors du "grand débat" n'ont pas "besoin" d'être "forcément spectaculaires. Voilà les "gilets jaunes" prévenus.

 

Richard Ferrand "choqué et attristé" après l'incendie de son domicile

Alors que le domicile breton du président de l'Assemblée nationale a été la cible d'un incendie criminel, celui-ci réagit dans le JDD. "Je suis naturellement choqué et attristé", déclare-t-il. "Inquiet aussi." Une plainte a été déposée dès vendredi à la gendarmerie de Carhaix. Mais Richard Ferrand estime que cet acte s'inscrit dans le cadre de "débordements" et de "violences" qui visent régulièrement les personnalités politiques "de tous les bancs, de toutes les sensibilités". "Une limite a été franchie", souligne-t-il. "Comme si on pouvait désormais s'autoriser à commettre des actes délictueux ou criminels, singulièrement envers les représentants de la nation. Ce n'est pas un signe de parfaite santé démocratique."