Pour Marine Le Pen, le gouvernement "navigue à vue depuis le début de la crise"

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Marine Le Pen a réitéré ses critiques contre la gestion du gouvernement face à la pandémie de coronavirus. "On a l'impression qu'on navigue à vue depuis le début de cette crise. J’aurais fermé les frontières tout de suite pour empêcher l’arrivée de gens contaminés", a déclaré la présidente du Rassemblement national, jeudi soir sur Europe 1. 
INTERVIEW

Marine Le Pen continue de charger la gestion gouvernementale de la crise du coronavirus. La présidente du Rassemblement national a estimé sur Europe 1 que l'exécutif "navigue à vue depuis le début de la crise", le taxant "d'impréparation". "Tout cela doit être prévu, des dizaines de rapports doivent dormir dans les tiroirs du gouvernement. Ce genre de situations de crises sanitaires ont été imaginées et réfléchies par un certain nombre de personnes, précisément pour les anticiper. Or, on a l’impression qu’on navigue à vue depuis le début de cette crise", a tâclé Marine Le Pen, jeudi soir. 

"On a raté la phase d’endiguement qu’ont réussie d’autres pays. Il y a des pays qui testent massivement leurs habitants et nous ne le faisons pas. C’est de l’impréparation, comme sur tout le reste. L’OMS demandait très tôt de tester, d’isoler et de soigner", a-t-elle poursuivi. 

"Il fallait tester tout le monde" 

Mais alors, quelle mesures auraient dû prendre le gouvernement ? "J’aurais fermé les frontières tout de suite pour empêcher l’arrivée de gens contaminés. Pour ceux dont on ne peut empêcher la venue, j’aurais mis en place non pas une quatorzaine, mais une vraie quarantaine", a estimé Marine Le Pen. 

"J’aurais massivement investi dans des tests, il fallait tester tout le monde. J’aurais permis aux médecins d’utiliser le seul médicament disponible pour le moment (la chloroquine), et j’aurais réorienté les entreprises pour fabriquer des masques pour être autosuffisants", a soutenu la présidente du RN. 

"On ne comprend pas la décision du gouvernement" sur la chloroquine

Marine Le Pen a également défendu le recours à la chloroquine. Emmanuel Macron a rendu visite, jeudi, à Marseille, au professeur Didier Raoult, fervent défenseur lui aussi de l'utilisation de ce médicament pour lutter contre le coronavirus. "Nous avons un nombre de tests dérisoire par rapport aux autres pays, il faut donc soigner les patients. Il me semblait que les médecins de ville pouvaient très bien faire leur travail et respecter leur serment en soignant les gens alors qu'il n'existe aucun autre traitement", a jugé Marine Le Pen. 

"J’espère qu’(Emmanuel Macron) va revenir sur les décisions prises par le gouvernement et qui ont interloqué les Français, comme interdire l’usage d’un médicament, le réserver pour les cas graves alors que ce n’était pas la préconisation du Dr Raoult. On ne comprend pas la décision du gouvernement", a-t-elle estimé. Marine Pen a même dit ne pas accorder "énormément" de crédit au Conseil scientifique, "puisqu'on a eu droit, sur les conseils de ce Conseil scientifique (...) à tout, ratatout et le contraire de tout", sur les masques, les tests, ou le rôle des médecins de ville, selon elle. 

L'efficacité de la chloroquine n'a pas été prouvée pour l'instant et continue de diviser la communauté médicale et scientifique. Le médicament est utilisé uniquement sur les patients souffrant gravement du coronavirus, sur recommandation du Haut conseil de la santé publique. Mais le Pr Raoult, lui, défend son usage au premier stade de la maladie.