Nucléaire, COP 24… les dossiers qui attendent François de Rugy

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François de Rugy a été nommé mardi ministre de la Transition écologique
François de Rugy a été nommé mardi ministre de la Transition écologique © LUDOVIC MARIN / AFP
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François de Rugy a été nommé mardi au ministère de la Transition écologique. Et il va lui falloir reprendre plusieurs chantiers laissés par Nicolas Hulot derrière lui.

C'est le "ministère de l'impossible", avait expliqué Robert Poujade, le premier à occuper le poste en 1974. Pourtant, François de Rugy, devenu mardi le successeur de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique, devra bien faire son possible. L'attendent déjà sur son bureau les dossiers en cours laissés par Nicolas Hulot. Et ils sont nombreux.

Programmation pluriannuelle de l'énergie. Le premier, c'est la programmation pluriannuelle de l'énergie. Autrement dit, la mise en musique de la loi de transition énergétique adoptée en 2015. Il s'agit là pour le nouveau ministre d'orchestrer le développement des énergies renouvelables, la fin de l'exploitation du charbon mais aussi, et surtout, la réduction du poids du nucléaire dans la production d'électricité.

On se souvient que Nicolas Hulot avait dû annoncer publiquement qu'il renonçait à l'horizon de 2025 pour faire baisser la part du nucléaire de 75 à 50%. Reste donc à fixer une nouvelle date butoir. Aujourd'hui, les associations écologistes, notamment la Fondation pour la nature et l'homme fondée par Nicolas Hulot lui-même, réclament un calendrier précis de fermeture des réacteurs nucléaires. Ce pourrait être l'une des premières difficultés du nouveau ministre, qui va reprendre les difficiles négociations avec EDF. Nicolas Hulot avait d'ailleurs confié à Libération craindre que son départ n'aggrave les choses. "Si je m'en vais, il va y avoir trois EPR de plus dans les prochaines années."

Carbone et COP 24. François de Rugy devra également se pencher sur la révision de la stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui doit être révisée à la fin de l'année. Celle-ci fixe chaque année des plafonds d'émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser. Et là encore, la tâche s'annonce ardue, la France ayant jusqu'ici toujours dépassé les plafonds.

Non moins ardue sera la préparation de la COP24 de Katowice, en Pologne, qui se tiendra en décembre et doit permettre de fixer des règles d'application de l'accord de Paris adopté fin 2015. De fait, depuis cette date, les engagements pris par les État "ne sont pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs" de l'accord, a prévenu dimanche la secrétaire exécutive de la Convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique, Patricia Espinosa.

Boucler la loi mobilité. Annoncée au printemps 2018, la loi mobilité a pris du retard et ne devrait pas intervenir avant la fin de l'année, voire le début 2019. Beaucoup de volets restent encore à boucler, notamment celui concernant les grands projets d'infrastructure (TGV, autoroute), mais aussi le plan vélo, dont les annonces ont été repoussées et les ambitions fortement revues à la baisse, selon nos informations.

 

Lutter pour le budget 2019. Épreuve sans cesse renouvelée pour le gouvernement, le projet de loi de finances 2019 en sera également une pour le ministre de la Transition écologique. L'argent, les crédits et les financements restant le nerf de la guerre, il faudra que François de Rugy pèse pour obtenir des arbitrages en sa faveur.

S'atteler aux projets de Bure et de Guyane. Autre chantier pour le ministre : organiser le "débat national" sur la gestion des déchets nucléaires à Bure. Il avait été promis par Sébastien Lecornu, secrétaire d'État, en mars dernier et doit permettre d'associer le "public local" aux réflexions sur le projet. Celui-ci est très contesté par les militants écologistes.

Le débat public autour de l'exploitation de la Montagne d'or en Guyane a, lui, déjà commencé en avril dernier. Mais un rapport, à venir d'ici à cinq mois, devrait également donner de nouveaux éléments aux détracteurs et partisans de ce projet d'extraction minière par un consortium russo-canadien en pleine Amazonie française.

Plastique. Enfin, François de Rugy pilotera la mise en place du bonus-malus sur le plastique, prévu pour 2019. Objectif : inciter les Français à privilégier le plastique recyclé en taxant les produits emballés dans du plastique qui ne l'est pas.