Municipales : le casse-tête du troisième tour marseillais

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À Marseille, Martine Vassal s’est retirée au profit du député Guy Tessier, jugé trop proche de l’extrême droite par certains élus. 1:22
À Marseille, Martine Vassal s’est retirée au profit du député Guy Tessier, jugé trop proche de l’extrême droite par certains élus. © CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
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À Marseille, Les Républicains se déchirent à l'approche du Conseil municipal qui doit élire le nouveau maire. La candidate investie, Martine Vassal, s'est retirée au profit d'un candidat susceptible de réaliser l'union de la droite. Cette décision a provoqué la dissidence d'un autre élu LR, qui veut alerter sur les risques de rapprochement avec le Rassemblement national.
DÉCRYPTAGE

À Marseille, le feuilleton électoral continue, et les rebondissements se multiplient à l’approche du Conseil municipal qui choisira samedi le nouveau maire. Jeudi, Martine Vassal, la candidate Les Républicains, mise à mal dimanche dans les urnes par une union des gauches, s’est retirée en début d’après-midi au profit du député Guy Tessier. Ce qui devait normalement permettre au nouveau candidat de réaliser l’union de la droite en récupérant au Conseil municipal les voix du dissident Bruno Gilles. Mais dans la soirée, les positionnements idéologiques de Guy Tessier ont poussé un autre colistier LR à se porter lui-même candidat à la mairie.

Issu de la droite dure, Guy Teissier, 75 ans, est accusé jusque dans son propre camp de contacts avec le Rassemblement national. De fait, le parti de Marine Le Pen propose désormais à la droite locale un grand rassemblement "débarrassé de tout esprit sectaire". L’éventualité d’un tel rapprochement a poussé Lionel Royer-Perreaut, maire LR des 9ème et 10ème arrondissements largement réélu, à se lancer lui-aussi dans la course. "Il y a des manœuvres qui ne vont pas dans le sens de mes convictions. La candidature de Guy Teissier pose un problème d’éthique, nous savons les uns et les autres la porosité, le lien tenu qu’il peut avoir avec le RN", assure-t-il auprès d’Europe 1. "Il n’est pas possible, pour moi de faire ce type d’alliance !"

Un élection déjà pliée ?

Sur Europe 1 vendredi matin, le patron des Républicains Christian Jacob a lancé un avertissement : "Aucun accord, ni avec le Front national, ni avec l’extrême gauche !" Il a toutefois évité d’apporter un soutien clair à l’un ou l’autre des deux candidats, estimant que les jeux étaient déjà faits car, selon lui, les forces en présence au Conseil municipal sont désormais à égalité. "42 sièges de chaque côté, égalité ! Si c’est égalité, c’est le doyen d’âge qui gagne", a-t-il rappelé, en l’occurrence Guy Teissier.

Voir deux candidats du même camp se disputer le même fauteuil n’a pas manqué de laisser pantois les sympathisants de droite. "C’est une catastrophe. À mon avis ils ont déjà perdu", lâche un électeur au micro d'Europe 1. "La zizanie, les magouilles, ça continue", déplore un autre.

Samia Ghali demande à Michèle Rubirola d'être sa première adjointe

À gauche, les négociations ne sont pas non plus aisées. La sénatrice socialiste Samia Ghali a proposé vendredi matin à Michèle Rubirola, tête de liste de l'union de la gauche "Le Printemps marseillais", de lui apporter ses voix en échange d’un poste de première adjointe. "Cette demande me paraît légitime. D’abord parce qu’au-delà des valeurs que nous partageons, je suis celle qui peut lui permettre samedi d’être effectivement maire de Marseille", a expliqué celle qui a longtemps été l’un des principaux visages de l’opposition locale. Un peu plus tard dans la journée, Michèle Rubirola a dénoncé un "chantage". "L'avenir de Marseille ne doit pas se jouer autour d'une revendication individuelle. Je ne serai l'otage d'aucun chantage, je réfute ces pratiques bien éloignées des enjeux et j'invite Samia Ghali à faire de même", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

À ce stade, l’absence de majorité claire, aussi bien à gauche qu’à droite, laisse présager d'un Conseil municipal particulièrement agité.

Europe 1
Par Nathalie Chevance et Romain David