Macron lance pistes et piques pour l'après-grand débat

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Emmanuel Macron s'exprimait devant une cinquantaine de maires de Gironde, vendredi à Bordeaux.
Emmanuel Macron s'exprimait devant une cinquantaine de maires de Gironde, vendredi à Bordeaux. © Caroline BLUMBERG / POOL / AFP
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Devant une cinquantaine de maires de Gironde, le président de la République Emmanuel Macron a évoqué quelques pistes, tant sur le plan fiscal que politique, pour les mois à venir.

Réforme fiscale, transfert de compétences aux collectivités, financement de la dépendance : Emmanuel Macron a évoqué vendredi à Bordeaux quelques pistes pour l'après-grand débat, tout en plaisantant sur le "génie" français pour la complexité.

Vers "une vraie refonte de notre fiscalité". "J'ai demandé à l'ensemble des collectivités de réfléchir à une vraie refonte de notre fiscalité qui accompagnera aussi une vraie refonte des compétences" entre l'État et les différentes collectivités, a-t-il déclaré devant une cinquantaine de maires de Gironde. "Faut-il transférer le foncier (la taxe foncière, ndlr) aux communes ? (Leur) donner un morceau d'impôt national ?" a-t-il suggéré. Territoires Unis, qui regroupe communes, départements et régions, doit rendre un rapport sur ce sujet le 15 mars, jour final du "grand débat".

Redonner plus de pouvoirs aux préfets. Emmanuel Macron a aussi souhaité que "l'État engage un fort mouvement de déconcentration, en redonnant plus de pouvoirs, de libertés et de responsabilités aux préfets et aux services déconcentrés" en repensant leur implantation. "Le système est devenu absurde", a-t-il poursuivi, à propos du transfert du financement du RSA aux départements, alors que son montant est fixé par l'État. "Les questions sociales, si on transfère tout aux départements, il y aura dans notre pays cent politiques sociales", a-t-il averti. Il a aussi souhaité le transfert de compétence en bloc à des collectivités.

Un mots sur les seniors. Emmanuel Macron a également évoqué les seniors : "Pour financer des maisons de retraites souvent de 1.500 à 2.000 euros (par mois), parfois plus quand c'est un établissement médicalisé, quand vous avez une retraite de 1.200-1.300 euros, c'est une angoisse", a-t-il dit.  "On doit pouvoir construire des mécanismes de solidarité et les moyens de les financer. Certains disent qu'il faut complètement le financer de manière privée, d'autres disent plutôt totalement publique" mais "je ne pense pas qu'on puisse laisser au secteur privé le financement de cette transformation", a-t-il estimé.

Ironique sur les contradictions françaises. Il a enfin ironisé plusieurs fois sur les contradictions des demandes des Français, prenant notamment l'exemple de la dotation de l'État aux communes, composée de multiples couches fixes et variables, "archétypale de notre génie collectif". "On avait un système simple, on l'a complexifié pour répondre à toutes les situations. Puis les mêmes disent que c'est trop compliqué. (...) Les gens veulent plus de liberté, puis disent moi je veux de la solidarité. Vive la France !", a-t-il souri.