Macron à Saint-Tropez : "c'est une mise en danger délibérée de l'image présidentielle", estime un spécialiste de la communication politique

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Le choix d'Emmanuel Macron d'aller à Saint-Tropez pour passer quelques jours de vacances, en plein mouvement des "gilets jaunes", est considéré comme "une erreur de communication", selon un spécialiste de la communication politique.

INTERVIEW

La veille de l'"acte 7" des "gilets jaunes", Emmanuel et Brigitte Macron ont été aperçus à Saint-Tropez. Sur une photo diffusée par Var-Matin, le couple présidentiel apparaît dans la rue en train de discuter avec des passants. Face à la polémique qui a enflé sur les réseaux sociaux samedi, l'Élysée a indiqué que le président s'accordait quelques jours de vacances jusqu'à dimanche soir.

Du côté des "gilets jaunes", cette destination, synonyme de glamour et de paillettes, a fait grincer des dents. Florian Silnicki, spécialiste de la communication politique, parle dimanche matin sur Europe 1 d'une "mise en danger délibérée de l'image présidentielle". 

Une "erreur de communication politique". "Est-ce qu'il y avait pire destination pour Emmanuel Macron, dans ce moment où il n'arrive pas à calmer et à apaiser les esprits de cette nouvelle forme de revendication sociale ? Je me pose la question", confie le spécialiste à Europe 1. "Au fond, il n'y avait pas pire destination. Choisir la ville du bling-bling, du luxe, des yachts... C'est vraiment une erreur de communication politique importante." Samedi, 12.000 "gilets jaunes" se sont mobilisés dans toute la France pour réclamer une hausse de leur pouvoir d'achat.

"Une mise en danger de l'image présidentielle". "Cette destination ne peut pas donner de lui l'image d'un président connecté aux réalités sociales du terrain. On peut se demander ce que fait sa garde rapprochée, ses conseils, ses communicants. Que personne ne l'ait averti qu'en se déplaçant à Saint-Tropez, il allait commettre un nouvel impair irréparable susceptible de plomber un peu plus son image, déjà fortement dégradée dans l'opinion [le président a atteint son niveau le plus bas dans les sondages depuis son élection, selon un sondage YouGov du 6 décembre], c'est une mise en danger délibérée de l'image présidentielle à un moment où on s'en serait bien passé du côté de l'Élysée."