Macron à Jarnac : "Il essaie de capter tous les héritages qui peuvent rapporter gros"

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Emmanuel Macron se rend à Jarnac sur la tombe de François Mitterrand. 3:00
Emmanuel Macron se rend à Jarnac sur la tombe de François Mitterrand. © Eric FEFERBERG / AFP
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Emmanuel Macron se rend à Jarnac pour honorer la mémoire de François Mitterrand, décédé le 8 janvier 1996. Un exercice d'hommage qu'il apprécie, selon la journaliste politique Catherine Nay. "Il essaie de capter tous les héritages qui peuvent rapporter gros", explique-t-elle au micro d'Europe 1. 
ANALYSE

Après des hommages à Charles de Gaulle, Jacques Chirac ou encore Valéry Giscard d'Estaing, Emmanuel Macron se rend à Jarnac en Charente pour honorer la mémoire de François Mitterrand, mort il y a 25 ans, le 8 janvier 1996. Le chef de l'Etat se recueillera sur sa tombe avant de se rendre dans la maison natale du président socialiste, devenu un musée. Un clin d'œil vers un électorat de gauche ? "Il essaie de capter tous les héritages qui peuvent rapporter gros", analyse Catherine Nay, journaliste politique, collaboratrice d'Europe 1 et autrice de l'ouvrage Le Noir et le Rouge, histoire d'une ambition, sur François Mitterrand. "D'abord c'est un exercice qu'il adore faire : ce numéro d'acteur, de se mettre dans la peau de l'autre, de prendre ses intonations au besoin".

Un "habit d'Arlequin"

"Il y a d'abord eu l'année De Gaulle. Dès son arrivée à l'Elysée, il y avait les mémoires du général, bien en vue sur son bureau, puis l'hommage à Valéry Giscard d'Estaing, plus discret, mais sincère. Et puis maintenant, Mitterrand", énumère Catherine Nay. "Pour plaire à tous ces panels d'électeurs, quand on est 'en même temps', il faut endosser forcément un habit d'Arlequin."

L'héritage de François Mitterrand, tant politique qu'humain a laissé de nombreuses traces ans l'histoire de la France. "Mitterrand, c'est l'abolition de la peine de mort, la retraite à 60 ans. Bien que cela a été une réforme à contretemps, au moment où les Français avaient une espérance de vie de trois mois supplémentaires par an", explique Catherine Nay. " La pyramide du Louvre, l'Opéra Bastille et Mazarine et sa mère devant le cercueil".

"Un secret qui ne serait plus possible aujourd'hui de garder", ajoute l'analyse politique. "A l'époque, il n'y avait pas la presse people, il n'y avait pas les réseaux sociaux : François Mitterrand était un homme heureux."

"Un personnage de roman"

"C'est celui qui a amené la gauche au pouvoir, au bout de 23 ans, en se donnant du mal, en allant de village en village", rappelle-t-elle. De François Mitterrand, président de 1981 à 1995, Catherine Nay retient un "personnage de roman, avec ses ombres et ses lumières". "Un homme qui n'a jamais sacrifié ses plaisirs à l'ambition, qui avait des vies plurielles. Et puis, surtout, qui avait et cette autorité naturelle. Et quand il partait, on l'écoutait, on en avait peur, on le craignait." Selon elle, depuis à gauche, personne de son envergure n'a émergé. "Le moule est cassé", analyse-t-elle.

Europe 1
Par Catherine Nay