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Michaël Darmon, édité par Rémi Duchemin , modifié à
Le président de la République a recadré lundi soir le Premier ministre et plusieurs ministres, dont Gérald Darmanin, au cœur de la crise sur les violences policières. Mais Emmanuel Macron n’a pas voulu cibler uniquement son ministre de l’intérieur, afin de préserver un atout maître dans sa course à la réélection en 2022.
ANALYSE

Emmanuel Macron est en colère. Le président de la République n’apprécie pas franchement la séquence sur les violences policières, marqué en outre par le retrait de l’article 24 de la lois "Sécurité globale", article censé encadrer la diffusion d’images de membre de forces de l’ordre en exercice. Le chef de l’Etat a ainsi convoqué lundi à l’Elysée Jean CastexGérald Darmanin, Eric Dupond-Moretti, Roselyne Bachelot et les présidents de groupe LREM, MoDem et Agir. Il leur a fait part de sa colère devant cette crise qu’il a qualifié de "co-produite".

Dans sa recherche d’une sortie de crise, le chef de l’Etat n’entend toutefois pas changer de cap sur la sécurité. Et il ne lâche pas Gerald Darmanin. Car ce recadrage collectif avait aussi pour but de sauver une carte politique. Et la colère du président de la République manifestée à la fois au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur préserve en fait Gérald Darmanin, selon plusieurs sources au sein de la majorité.

Jouer l'apaisement

En soulignant que l’opinion soutient largement le projet de loi sur la sécurité globale, le président le confirme implicitement : il n’a pas l’intention de se séparer de son ministre de l’Intérieur. Mais selon nos informations, au plus niveau de l’Etat il a été demandé au ministre de jouer l’apaisement. 

Parce que Gerald Darmanin reste une carte politique cruciale pour le chef de l’Etat qui a besoin de l’élu de Tourcoing pour parler au centre droit en vue de 2002. Cette crise montre une fois de plus la difficulté de faire cohabiter deux sensibilités différentes au sein de la majorité. Emmanuel Macron a rappelé lundi aux principaux ministres du gouvernement sa devise politique : ordre et liberté. Une énième tentative de régénérer son principe du "en même temps". Un principe de plus en plus difficile à traduire pour les macronistes.