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Anaïs Huet , modifié à
Estimant indispensable de trouver une issue à la crise sociale qui secoue la France depuis des mois, Jean-Pierre Chevènement propose un changement de durée pour le mandat du président de la République.
INTERVIEW

Comment sortir de la crise actuelle des "gilets jaunes", et comment répondre à ce désir d'une démocratie plus affirmée exprimé ça et là ? Avec ses 50 années de carrière politique Jean-Pierre Chevènement tente de pointer les responsabilités, et d'imaginer les solutions. Au micro d'Audrey Crespo-Mara, mercredi matin sur Europe 1, il a notamment défendu la fin du quinquennat, et un retour aux valeurs de la République.

Pour "une issue démocratique". "Cette crise vient de loin. On ne peut pas en imputer la responsabilité toute entière à Emmanuel Macron. Elle a ses racines dans les années 80 et dans les choix erronés faits à cette époque, notamment de l'ouverture sans précaution du néolibéralisme, de la désindustrialisation, de la paupérisation des classes moyennes", analyse l'ancien ministre. Dès lors, Emmanuel Macron, à qui il reconnaît "l'intelligence de reconnaître ses erreurs", doit trouver une "issue démocratique".

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Revenir au septennat ? Jean-Pierre Chevènement soutient un "référendum à questions multiples", avec notamment un débat autour du maintien ou non du quinquennat qui, selon lui, "contribue à rigidifier excessivement notre démocratie." "Je n'étais pas contre… Mais à l'usage, c'est catastrophique. On l'a vu avec le quinquennat de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, de François Hollande et maintenant d'Emmanuel Macron", juge-t-il. Pour l'ancien ministre, deux possibilités pourraient venir supplanter ce mandat. Soit 7 ans pour le président de la République, et 5 ans pour les députés ; soit 6 ans pour le président de la République, et 4 ans pour les parlementaires. 

Le "déclin du civisme". "Je souhaite un gouvernement de salut public pour changer de politique par rapport à celle que nous avons suivie et qui ne donne pas de bons résultats. Il est temps de remonter le courant, de donner à notre pays les moyens d'affronter les vrais problèmes", défend-t-il. Surtout, Jean-Pierre Chevènement s'alarme face "au déclin du civisme dans notre pays", qu'il observe notamment au sein du mouvement des "gilets jaunes". "On ne peut pas soutenir aveuglément des mouvements sur lesquels se greffent des blacks bocks, des extrémistes de droite ou de gauche. On n'est plus d'accord sur un certain nombre de règles qui permettent de débattre ensemble", déplore l'ancien ministre. 

"Les 'gilets jaunes' eux-mêmes doivent être conscients du tort qu'ils se font, tout cela n'est pas sain." Et d'enjoindre : "Il faut que les Français se mettent d'accord sur un certain nombre de fondamentaux républicains, il faut revenir à la République, il faut refaire un peuple, il faut refaire des citoyens."