Laurent Berger (CFDT) sur Emmanuel Macron : "Il y a une négation des corps intermédiaires"

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Laurent Berger était l'invité du Grand Rendez-vous d’Europe 1/Cnews/Les Échos dimanche. 1:18
Laurent Berger était l'invité du Grand Rendez-vous d’Europe 1/Cnews/Les Échos dimanche. © EUROPE 1
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Le numéro un de la CFDT, invité du Grand rendez-vous, dimanche, a critiqué sur Europe 1 la méthode d'Emmanuel Macron, notamment à l'égard es syndicats.
INTERVIEW

"Il y a un problème de sens. Mais aussi un problème de méthode". Alors qu'Emmanuel Macron s'apprête à fêter son premier anniversaire à la tête du pays, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger s'est montré assez critique envers l'action du chef de l'État depuis son arrivée à l'Élysée. "Il y a une forme de négation des corps intermédiaires qui est beaucoup trop forte et dangereuse", a-t-il notamment dénoncé dimanche au micro du Grand Rendez-vous d’Europe 1/Cnews/Les Échos.

"Une profonde erreur". "Le président de la République a conscience qu'il représente une forme de centralité. (…) Il considère que lui peut tout, et que les corps intermédiaires sont un supplément d'âme qui ne sont pas forcément nécessaires", observe le syndicaliste. "C'est une profonde erreur. On ne transforme pas la société si on n'emmène pas ceux qui sont concernés avec soi et si on ne construit pas ces transformations dans la confrontation des points de vue différents, c'est-à-dire dans la négociation, dans la discussion, dans la capacité à entendre le point de vue des corps intermédiaires", juge Laurent Berger. "On ne peut pas dire qu'on n'est pas reçus, mais on est rarement écoutés", lance-t-il encore, évoquant, outre les syndicats, les associations et les collectivités territoriales.

"Je n'ai pas envie du Front national demain". Ce n'est pas la première fois que le secrétaire général de la CFDT met en garde le gouvernement contre cette logique de "bloc contre bloc". "Je ne suis ni pro ni anti-Macron mais je n'ai pas envie qu'il se plante, parce que je n'ai pas envie, demain, du Front national", justifie le syndicaliste. Et de conclure : "Ce qui est sûr, c'est que si vous demandiez quel élément de la campagne d'Emmanuel Macron ne se retrouve pas aujourd'hui, je dirais la bienveillance".

Europe 1
Par T.M.