La série d'attaques contre les permanences de députés LREM se poursuit : "Certains députés commencent à avoir peur"

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À Foix, dans l'Ariège, des inscriptions anarchistes ont été retrouvées mardi matin sur la façade du siège local de La République en marche. Les élus ne cachent pas leur inquiétude.

Du fumier déversé devant une permanence, des œufs jetés sur la façade, ou encore une entrée murée par des parpaings... Voilà ce qui est arrivé à une dizaine de députés LREM, dans le Lot-et-Garonne, dans l'Oise ou encore en Haute-Saône, ces derniers jours.

"Gilets jaunes", anarchistes et agriculteurs mécontents

Point commun entre ces élus : ils ont approuvé ou se sont abstenus sur le Ceta, le traité de libre-échange entre l'Europe et le Canada, voté il y a tout juste une semaine. Des actions revendiquées par des agriculteurs, souvent affiliés à des syndicats comme la FDSEA ou les Jeunes agriculteurs. "C'est du spectacle", juge un député marcheur, "mais dans le climat actuel, ça peut inciter certains à plus de violence".

En parallèle, deux autres cas de vandalisme ont été relevés. L'un s'est produit samedi dernier, à Perpignan où certains "gilets jaunes" ont cassé les vitres de la permanence du député Romain Grau, avant d'essayer de mettre le feu au local dans lequel il se trouvait. L'autre a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, à Foix, dans l'Ariège : Jérôme Azéma, le référent du parti présidentiel dans le département, a vu son local recouvert de tags anarchistes, seulement deux semaines après son inauguration.

"Certains députés commencent à avoir peur"

"Au-delà de la colère, c'est surtout de la déception", réagit-il au micro d'Europe 1. "Parce que La République en marche a investi pour ce lieu, justement pour qu'on soit ouverts sur la société et qu'on ne fasse pas une permanence comme dans certains partis politiques, c'est-à-dire juste un lieu fermé où on se réunit entre nous. La réponse, quinze jours après l'inauguration, c'est de souiller la façade… Je suis très déçu. Est-ce que je suis surpris ? Je ne suis pas naïf". Dénonçant "un déni de démocratie", Jérôme Azéma annonce d'ailleurs son intention de porter plainte.

"Certains députés commencent à avoir peur", confiait mardi un autre conseiller de la majorité. Une vingtaine d'entre eux, tous Bretons, ont décidé de réagir. Dans une tribune publiée mardi matin sur le site de franceinfo, ils s'alarment : "Nous sommes en train de nous habituer à l'intolérable".

Bien que membre de l'opposition, le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), a quant à lui tenu à rappeler sur Twitter : "Chaque fois qu’on s’attaque à des élus, physiquement ou via leurs permanences, quelle que soit leur couleur politique, c’est la démocratie qu’on veut affaiblir".

Et d'ajouter : "Je mets en garde ceux qui usent de telles méthodes. Elles peuvent conduire au pire".

Europe 1
Par Hadrien Bect et Sophie Eychenne, édité par Thibauld Mathieu