Des élus La France insoumise ont demandé samedi l'interdiction des lanceurs de balle de défense (LBD) , dont ils jugent l'utilisation par la police "dangereuse" au moment où des manifestants à Paris de "l'acte 10" des "gilets jaunes" dénonçaient les violences policières.
"Il faut que cette violence cesse, l'utilisation des LBD est dangereuse", a tweeté le député de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière qui a déposé vendredi à l'Assemblée nationale, au nom du groupe des 17 députés LFI, une proposition de loi "visant à interdire l'utilisation des LBD et grenades lacrymogènes de type F4".
Il faut que cette violence cesse, l'utilisation des #LBD est dangereuse. C'est pourquoi avec le Groupe des 17 députés #FranceInsoumise, nous avons déposé une Proposition de loi. #GiletsJauneshttps://t.co/HvuyM01TSW
— Alexis Corbière (@alexiscorbiere) 19 janvier 2019
"La doctrine de l'emploi des forces de police qui est en cause". De son côté, le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a, lors de ses vœux vendredi à Marseille, assuré "ne pas être en bataille rangée avec les policiers". "C'est la doctrine de l'emploi des forces de police qui est en cause", a-t-il ajouté, déplorant les blessés parmi les manifestants et notamment ceux victimes de tirs de LBD.
"Il y aura certainement plus de blessés", rétorque Castaner. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a lui défendu l'utilisation des LBD: "Si vous supprimez les moyens de défense à nos forces de l'ordre, il leur reste quoi ? Il leur reste le contact physique - et il y aura certainement beaucoup plus de blessés - ou il leur reste l'utilisation de leurs armes de poing qui est la solution ultime", a-t-il dit.
Le Défenseur des droits dénonce une "sécurité maladive". Jeudi, le Défenseur des droits Jacques Toubon a demandé la suspension des LBD en raison de leur "dangerosité". Le même jour, une cinquantaine de représentants politiques et intellectuels de gauche favorables aux "gilets jaunes" ont appelé à "abandonner toutes les armes dont l'utilisation conduit à des mutilations ou à des morts", dénonçant une "maladie sécuritaire", dans une tribune publiée dans Le Monde .
Près d'une centaine de blessés graves recensés. Alors que le gouvernement ne donne aucun chiffre global des manifestants blessés par LBD, le collectif militant "Désarmons-les" et le journaliste indépendant David Dufresne ont recensé près d'une centaine de blessés graves, en grande majorité par des tirs de LBD, dont une quinzaine qui ont perdu un œil , depuis le début de la contestation des "gilets jaunes" en novembre.