Interdire les "lanceurs de balles de défense" : "Vous mettez quoi à la place dans les mains des policiers ?", rétorque Castaner

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Interrogé par Audrey-Crespo Mara sur Europe 1, le ministre de l'Intérieur a défendu l'utilisation de lanceurs de balles de défense par les forces de l'ordre, notamment lors des manifestations de "gilets jaunes".

INTERVIEW

Une centaine de personnes ont été blessées depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", et principalement à cause des "LBD", les lanceurs de balles de défense. Le Défenseur des droits, Jacques Toubon a demandé au gouvernement de suspendre l'usage de ces armes dites "de force intermédiaire", estimant jeudi soir, sur notre antenne, que leur "dangerosité" pouvait porter atteinte à l'intégrité des manifestants.

"Vous mettez quoi à la place dans les mains des policiers ?", lui a répondu Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, vendredi au micro d'Audrey Crespo-Mara sur Europe 1. "L'objectif est de continuer à protéger l'ordre public", assure-t-il.

Une utilisation nécessaire. "Les policiers ont des moyens de défense, […]  le LBD est seulement un moyen de défense. Il leur permet, dans les cas où ils sont acculés, de se libérer", plaide le locataire de la place Beauvau. Ce dernier tient à rappeler que les forces de l'ordre ont dû faire face à certains manifestants armés de barres de fer, voire de battes de baseball cloutées, "un peu comme ces armes du Moyen Age".

Entendu sur europe1 :
Nous avons besoin de pouvoir utiliser des lacrymogènes, des outils comme des LBD

"Des armes de protection et de neutralisation". "Si vous supprimez les moyens de défense de nos forces de l'ordre, il leur reste quoi ? Le contact physique, et il y aura certainement beaucoup plus de blessés. Ou il reste l'utilisation de leurs armes de poing, qui est la solution ultime...", argue-t-il. "Nous avons besoin de pouvoir utiliser des lacrymogènes, des outils comme des LBD", martèle encore Christophe Castaner. "Ce sont des armes de protection et de neutralisation face à des assaillants."

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Des consignes d'usage "strictes". "Il se peut que les LBD soient mal utilisés", concède toutefois le ministre. "Dans ces cas-là, nous faisons des enquêtes", assure-t-il. "Depuis le début du conflit, il y eu 81 saisies judiciaires de l'IGPN, 81 enquêtes qui portent sur des atteintes diverses qui vont de l'insulte à la blessure grave. Systématiquement, je veux que la transparence soit faite", poursuit-il. "Peu de nos hommes ont des LBD entre les mains, nous leur avons rappelé les modalités d'usage qui doivent se faire avec des règles strictes qui visent à protéger les policiers et l'ordre public", conclut-il.

Europe 1
Par Romain David