Jean-Michel Fauvergue, député LREM : "Je n'aime pas l'expression 'violences policières'"

, modifié à
  • A
  • A
5:00
© AFP
Partagez sur :
"Soit il y a des violences légitimes, soit il y a des violences illégitimes", a expliqué vendredi l'ancien patron du Raid et député LREM de Seine-et-Marne au micro de Matthieu Belliard. 
INTERVIEW

Invité du Grand Journal du Soir de Matthieu Belliard, Jean-Christophe Fauvergue, ancien patron du Raid devenu député LREM de Seine-et-Marne, a commenté les récents événements du 1er-Mai, s'attardant sur la notion de "violences policières", alors que plusieurs enquêtes de l'IGPN, la "police des polices", ont été lancées ces dernières heures.  

"Violences policières", "c'est une expression que je n'aime pas", pose l'ancien patron du Raid, qui publie La sécurité des Français (Michel Lafon). Il estime qu'il y a "soit des violences légitimes, soit des violences illégitimes". "Quand il y a une violence illégitime de la part d’un policier ou d’un gendarme, il y a une enquête qui est faite", explique le député. "Et à partir du moment où l’enquête est faite, elle débouchera soit sur un non-lieu, soit sur une accusation. Si elle débouche sur une accusation, il y aura une double condamnation du fonctionnaire en question : à la fois pénale et une condamnation administrative", ajoute-t-il. 

Pour le policier qui jette un pavé, "l'explication va être dure à trouver"

Alors que l'IGPN a notamment ouvert une enquête après la diffusion d'une vidéo montrant un policier jeter un pavé lors du défilé du 1er-mai, Jean-Christophe Fauvergue tranche : "L'explication va être dure à trouver. Un policier ne doit pas ramasser un pavé et le jeter sur qui que ce soit". Il nuance toutefois, évoquant l'état de fatigue du fonctionnaire : "Était-il exténué ? Les circonstances de l'affaire permettront d'y voir plus clair. Les enquêtes se font dans le temps long." 

"Je rêve d'un retour à l'autorité de l'État"

Questionné sur les mots employés par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner après l'intrusion de manifestants à la Pitié-Salpêtrière (il avait parlé "d'attaque" et de "personnel agressé", ndlr), Jean-Christophe Fauvergue estime que ce n'est pas "l'usage de mots qui doivent mener à demander la démission d'un ministre". "On va de polémiques en polémiques, on a déjà oublié Notre-Dame. Je suis très surpris de ce bas niveau de la classe politique. Je rêverais d'un retour à l'autorité de l'État, d'un retour au respect de l'autre et des valeurs républicaines", conclut-il. 

"Bien sûr que non, il ne faut pas oublier Malik Oussekine"

Invité mardi soir de C à Vous sur France 5, l'ancien patron du Raid avait regretté les conséquences de la mort de Malik Oussekine, en 1986, sur les stratégies de maintien de l'ordre actuellement à l'oeuvre, insuffisantes selon lui. Il avait eu cette phrase qui avait fait polémique : "Il faut oublier Malik Oussekine". "Ce sont des expressions sorties de leur contexte", s'est-il défendu au micro d'Europe 1. "Bien évidemment il ne faut pas oublier qu'il a été tabassé par des policiers (…), qui ont été condamnés", ajoute le député. "Mais il faut passer à un maintien de l'ordre beaucoup plus dynamique."

Europe 1
Par Ophélie Gobinet