"Je soutiens la colère des agriculteurs et cette manifestation, il y en a assez de ce dénigrement”, assure Didier Guillaume sur Europe 1

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Didier Guillaume, ministre de l'agriculture 3:52
Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume assure soutenir la mobilisation des agriculteurs. © Europe 1
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Alors que des centaines d'agriculteurs convergent vers Paris pour une journée de mobilisation et de blocage, le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, a assuré soutenir la colère de ces derniers.
INTERVIEW

Les agriculteurs manifestent leur colère mercredi dans toute la France et prévoient des opérations de blocage à Lyon et à Paris, pour faire monter la pression sur des négociations commerciales avec la grande distribution. Sur Europe 1, Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, assure soutenir la mobilisation. "Je soutien la colère des agriculteurs et cette manifestation. Je comprends leur ras-le-bol et j'essaie d'apporter des réponses." 

"Aujourd'hui, trop c'est trop ! Il y en a assez de ce dénigrement permanent, de ce malentendu entre la société civile, les métropoles et la ruralité, entre les agriculteurs et leurs concitoyens", a ajouté le ministre. "Avec la loi Egalim, on propose d'inverser la construction des prix. On propose de les soutenir face à la grande distribution pour que leurs prix remontent, on les aide également dans la transition agro-biologique afin que le lien entre société et agriculteur ne soit pas distendu." 

"La loi n'a pas assez porté ses fruits"

Dans le viseur des manifestants justement, cette loi Egalim, adoptée en début d'année et décidée à la suite des Etats généraux de l'alimentation. "Cette loi n'a pas assez porté ses fruits parce que la meilleure répartition de la valeur n'a pas eu lieu", avoue Didier Guillaume. "Aujourd'hui, nous sommes à mi-parcours de cette expérimentation. La loi prend réellement effet maintenant, l'année dernière c'était l'année zéro, les négociations commerciales avaient eu lieu sans que la loi porte ses fruits. Mais aujourd'hui c'est le début de nouvelle discussion et là il faut que ça paye." 

"Mais nous n'attendons pas", se défend Didier Guillaume. "Tous les jours je promeus l'agriculture. Quand nous allons en Chine avec les éleveurs pour exporter du bœuf, du porc, de la volaille, nous travaillons pour l'agriculture et pour la remontée des cours." Avant d'ajouter : "Je me bats matin, midi et soir, sept jours sur sept pour les agriculteurs gagnent mieux leur vie." 

Les traités internationaux de libre-échange critiqué

Certains syndicats d'agriculteurs dénoncent également les traités internationaux de libre-échange. "Il faut arrêter de faire peur", affirme le ministre de l'Agriculture. "Le Mercosur n'a pas été ratifié, ce n'est pas la peine d'en parler. Ce n'est pas un problème de traité de libre-échange. Le traité avec le Canada par exemple : nous importons 60 tonnes de bœuf mais nous en avons exporté 300 tonnes en Chine. Le problème c'est à l'intérieur de la France, c'est reconquérir le marché intérieur."