Interview d'Emmanuel Macron à Europe 1 : "Il en faudra d'autres pour corriger son impopularité", juge Jean-Michel Aphatie

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ANALYSE - Le président de la République était l'invité exceptionnel d'Europe 1 mardi matin, pour sa première interview radio depuis le début de son quinquennat. Alors que sa cote de popularité ne cesse de faiblir, Emmanuel Macron a voulu expliquer ses intentions aux Français.
ANALYSE

>> Depuis Verdun, l'une des étapes de son "itinérance mémorielle" à l'occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, le président Emmanuel Macron a répondu en exclusivité, mardi, aux questions de Nikos Aliagas sur Europe 1.

Grogne face à la flambée des prix du carburant, élections européennes, violences à l'école, affaire Benalla… Le chef de l'Etat n'a esquivé aucun sujet d'actualité. Sa popularité étant une chute libre depuis quelques mois, Emmanuel Macron a ressenti le besoin de s'adresser aux Français. L'exercice est-il réussi ? Notre éditorialiste Jean-Michel Aphatie nous livre son analyse à chaud.

"Emmanuel Macron a besoin de parler, d'exposer les enjeux - c'est ce qu'il a fait à propos de l'Europe - et d'expliquer sa politique, notamment en matière énergétique. Il devait justifier les augmentations de taxes, montrer qu'il prend en compte la colère et les difficultés des Français. De ce point de vue, l'interview de ce matin est utile.

Mais pour corriger l'impopularité, il en faudra sans doute d'autres. Le président dit d'ailleurs dans l'interview que son impopularité durera encore un moment. Je pense quand même que dans son esprit, il souhaite que ça s'arrête avant 2022…

Emmanuel Macron a-t-il annoncé des mesures concrètes ? Je ne sais pas. Il y a du moins une direction qui est donnée. C'est maintenant au gouvernement d'apporter les précisions pour faire en sorte que la facture des ménages les plus défavorisés, en province et très loin des transports en commun, s'allège. Ce n'est pas facile à apporter, ça peut coûter cher. Le président évoque une contribution des entreprises dans cet allègement des taxes, alors qu'elles disent être elles-mêmes frappées par la hausse des taxes.

Il faut aller vite, puisque tout cela doit être calé dans le budget pour 2019. C'est une feuille de route que le chef d'Etat donne au gouvernement, mais une feuille de route qu'il n'est pas facile d'honorer."