"Grand débat" : "Le débat ne sera jamais clos sur la taxe carbone", estime Laurent Berger

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Invité mercredi matin d'Audrey Crespo-Mara sur Europe 1, le leader de la CFDT estime que la transition écologique ne pourra se faire sans la mise en place d'une fiscalité dédiée. 
INTERVIEW

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, et Nicolas Hulot, l'ancien ministre de la Transition écologique, apportent leurs propres contributions au "grand débat national". Les deux hommes ont présenté, avec le soutien de plusieurs ONG, un ensemble de 66 propositions pour "faire face à l'urgence sociale et économique". Et parmi elles : un retour de la taxe carbone, une piste qu'a pourtant déjà balayé Emmanuel Macron. "Le débat ne sera jamais clos sur la taxe carbone si l'on veut lutter contre le réchauffement climatique", a déclaré Laurent Berger mercredi, au micro d'Audrey Crespo-Mara sur Europe 1.

Financer la transition énergétique. "Le débat ne sera jamais clos sur la nécessité d'avoir une fiscalité écologique qui, à la fois, oriente les comportements des citoyens, des entreprises et des collectivités, et, en même temps, redistribue pour aider au changement de modèle", estime ce syndicaliste, alors que la hausse annoncée des taxes sur les carburants, pour financer la transition énergétique, à été l'un des éléments déclencheurs de la crise des "gilets jaunes". "Parmi les choses qui se sont exprimées, on le voit bien dans les débats, y compris ceux organisés par la CFDT, la répartition des richesses et la fiscalité plus juste sont au cœur des problématiques soulevées par les citoyens", concède Laurent Berger.

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L'imposition des plus hauts revenus. Parmi les 66 propositions qu'il porte avec Nicolas Hulot figure ainsi l'idée de la création d'une nouvelle tranche d'imposition pour les plus riches. Une hypothèse à laquelle s'est opposé début mars le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, également au micro d'Europe 1. "Je me méfie toujours de cette expression : 'les riches', 'les plus riches', 'les 20% les plus riches'. Je rappelle que les 20% les plus riches, en France, cela commence à 2.500 euros de revenus. Donc, si certains veulent augmenter les impôts de 20% des Français qui touchent 2.500 euros par mois, j’y suis totalement opposé", a-t-il argumenté.

"Répondre" à un sentiment d'injustice. "Il faut avoir un effort fiscal plus important des plus hauts revenus, notamment ceux du capital", martèle quant à lui Laurent Berger. "Ce sont des questions qui sont encore sur la table." Et de rappeler les critiques formulées contre la politique fiscale du gouvernement, notamment la réforme de l'impôt sur la fortune. "On a vu que ça a créé un point de crispation très fort cette histoire de l'ISF versus des efforts demandés aux plus fragiles", pointe le secrétaire général de la CFDT. "Il faudra y répondre."