Emmanuel Macron à Versailles : "On ne peut pas être parlementaire et boycotter le débat", estime Jean-Christophe Lagarde

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Lundi après-midi, le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde sera bien présent à Versailles, pour assister au discours prononcé par le chef de l'État devant le Parlement réuni en Congrès. Il fustige ceux qui ont choisi le boycott.
INTERVIEW

L'an dernier, Jean-Christophe Lagarde n'avait pas assisté au discours d'Emmanuel Macron devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Cette année, alors que le chef de l'État s'apprête à discourir devant le même auditoire lundi après-midi, le choix fait par le président de l'UDI est différent. "Je n'y suis pas allé l'an dernier parce qu'il s'exprimait la veille du discours de politique générale du Premier ministre, et je trouvais que c'était une vision trop présidentialiste, effaçant le Parlement et le gouvernement. Mais à partir du moment où le chef de l'État veut en faire un rendez-vous annuel, posant le bilan de son année passée et essayant de dresser une perspective pour l'année suivante. Il me semble normal que nous, parlementaires, nous venions l'entendre et lui répondre", a-t-il considéré sur Europe 1, lundi matin. 

"Une façon de faire parler d'eux". Dès lors, l'attitude des députés de la France insoumise qui ont décidé de boycotter le rendez-vous "du monarque", tout comme quelques figures de LR, s'agace Jean-Christophe Lagarde. "C'est une façon de faire parler d'eux. On ne peut pas boycotter le débat", estime-t-il. "Être parlementaire et boycotter le débat au moment où il devient institutionnel, c'est un peu comme si tous les ans, au moment de la programmation budgétaire, on disait qu'on ne venait pas parce qu'on n'aime pas les institutions", illustre-t-il. 

"Un flou sur les objectifs". Si le président de l'UDI, également député de Seine-Saint-Denis, tient à être présent lundi après-midi à Versailles, c'est aussi pour exprimer le point de vue de son parti quant à la politique menée par le gouvernement, avec laquelle il estime n'être d'accord qu'à 60%. "S'il y a eu des réformes profondes lors de la première année de son quinquennat, il y a une espèce de flou sur les objectifs. La France qui s'en sortait bien bénéficie de ces réformes, c'est l'histoire du premier de cordée. Mais est-ce que ça sert le milieu et la fin de la cordée ? Aujourd'hui, les Français ne le voient pas et ne le ressentent pas", déplore l'élu.  

Donner à tous "des chances de gagner". Pour Jean-Christophe Lagarde, le président doit surtout faire valoir le principe d'égalité républicaine dans ses réformes. "Le gouvernement a raison : il met le paquet pour que les forces productives du pays redémarrent. On en a besoin. Si on est tous plus pauvres, ça n'ira mieux pour personne. Mais si on recrée de la richesse dans notre pays, tout le monde doit en profiter", assure le président du parti de centre-droit. "Il doit dire qu'il n'y a pas que la France qui gagne qui soit prise en compte, que les autres aussi vont être pris en compte et qu'on va leur donner des chances de gagner".