Discours d'Emmanuel Macron à Versailles : "L'idée est sans doute de remobiliser les troupes", estime Olivier Rouquan

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Selon le politologue Olivier Rouquan, le discours que doit prononcer Emmanuel Macron devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles a notamment pour but de remobiliser les parlementaires autour des projets du chef de l'Etat. 
INTERVIEW

"Remobiliser les parlementaires autour des projets du chef de l'Etat", voilà une des idées qui seraient derrière le discours d'Emmanuel Macron à Versailles devant le Parlement réuni en Congrès ce lundi, selon Olivier Rouquan. Invité d'Europe Matin lundi, le politologue et constitutionnaliste voit dans ce rendez-vous donné par le chef de l'Etat une tentative de "mettre en cohérence tout ce qui a été fait depuis un an, parce que la lisibilité de tout ceci commence à se perdre".

Remobiliser et lancer l'an II. En pleine baisse dans l'opinion à cause d'une politique jugée trop autoritaire et trop solitaire, "même vis-à-vis des parlementaire", précise Olivier Rouquan au micro d'Europe 1. "L'idée est sans doute de remobiliser les troupes, notamment le groupe LREM à l'Assemblée nationale, parce que ces derniers mois il y a eu au sein de ce groupe de plus en plus de remarques faites sur le rythme de travail, mais aussi sur le contenu de certains textes", rappelle le politologue. Mais en plus de galvaniser les parlementaires, le président leur adresse également "un message subliminal" : alors qu'il veut réformer la Constitution, ce qui se fait traditionnellement en réunissant le Parlement en Congrès, le président pourrait aussi rappeler "qu'il pourrait le faire par référendum si les parlementaires traînent des pieds", avance Olivier Rouquan.

Un événement qui a un coût. Avec ce discours, le président lance donc de multiples messages et tente d'asseoir son autorité, mais la forme risque de perturber le fond : "C'est un moment très symbolique et très solennel, notamment dans le cadre de Versailles. Mais cela correspond peut à l'attente du moment parce qu'Emmanuel Macron fait face à un problème d'image : il est jugé trop autoritaire et trop solitaire dans son exercice du pouvoir, selon certaines enquêtes d'opinion".  Autre problème de cet événement : son coût. La réunion du Parlement en Congrès est estimée à 270.000 euros et "cela apparaît contradictoire avec la limitation de la dépense publique chère au Président. Et on peut penser que certains fonctionnaires, qui vivent très mal les coupes budgétaires de leur ministère et qui ont parfois du mal à obtenir une clé USB ou un crayon pour travailler, voient ça d'un mauvais œil", avance-t-il.