Dérives sectaires : "Dès qu’il y a un signalement, il doit donner lieu à une enquête de justice", réclame Marlène Schiappa

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Un rapport réclamé par Marlène Schiappa montre que la pandémie de coronavirus a favorisé les dérives sectaires, avec une hausse sensible des signalements. La ministre déléguée à la Citoyenneté a annoncé jeudi sur Europe 1 un renforcement des moyens de la Miviludes et une volonté de judiciariser les dérives signalées. 
INTERVIEW

La crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus n’a pas que des conséquences économiques. Elle favorise aussi les dérives sectaires. Selon un rapport commandé par Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, en charge de la Citoyenneté, dont les conclusions ont été remises mercredi, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a reçu plus de 3.000 signalements l’an dernier, soit une hausse de 7% par rapport à 2019. Alors le gouvernement veut muscler sa réponse. "Ma volonté, c'est que dès qu’il y a un signalement à la Miviludes, désormais, il puisse donner lieu à une enquête de justice, si ce signalement est sérieux", a annoncé Marlène Schiappa jeudi sur Europe 1.

"Nous renforçons la Miviludes"

Pour ce faire, la ministre a aussi annoncé un changement dans la gouvernance et dans la fonctionnement de l'instance. "La Miviludes est désormais placée sous mon autorité, au ministère de l’Intérieur. Nous la renforçons", a-t-elle précisé. "J’ai créé un conseil d’orientation de la Miviludes que j’installe avec des personnalités reconnues du sujet. et je nomme une magistrate à sa tête, Hanène Romdhane, qui va avoir pour mission de diriger les services de la Miviludes et d'assurer un lien plus étroit avec la justice."

Reste un écueil, que la ministre n'occulte pas. "La difficulté, c'est qu'il n'y a pas de définition juridique du mot secte en France. Donc, on doit caractériser un certain nombre de faits", a-t-elle expliqué. "Par exemple, dans le projet de loi pour les principes républicains, nous avons adopté un motif supplémentaire de dissolution d'associations quand il y a atteinte à la dignité des personnes, ce qui est typiquement caractéristique des groupes sectaires."

 

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"Une circulaire sur les dérives sectaires adressée aux préfets"

Marlène Schiappa compte aussi s'appuyer sur les services de l'Etat. "Nous allons déléguer des fonctionnaires d'autres services - je pense à Bercy, à la Santé, la Justice, l'Education - au sein de la Miviludes, qui est donc une mission interministérielle", a précisé la ministre déléguée à la Citoyenneté. "Par ailleurs, j'adresse cette semaine une circulaire sur les dérives sectaires aux préfets, en leur demandant de se mobiliser et de mobiliser les services de police et de gendarmerie partout en France, d'être vigilants et de signaler à la justice les mouvements et dérives sectaires qu'ils peuvent observer."

"Il y a plusieurs outils à notre main : le signalement aux autorités judiciaires, la mise en œuvre de la dissolution administrative, l'engagement des services de l'Etat", a insisté Marlène Schiappa. "Ça faisait des années qu'aucune instruction n'avait été donnée au préfet sur ce sujet. Désormais, nous leur demandons d'être très vigilants, notamment eu égard à la pandémie et aux dérives qui peuvent en découler."