Députés et Assemblée visés : entrée symbolique unie des patrons des groupes politiques

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À l'entrée de Richard Ferrand dans l'hémicycle, l'ensemble des députés, ainsi que les membres du gouvernement, se sont levés pour applaudir. © JACQUES DEMARTHON / AFP
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Les patrons des groupes de l'Assemblée, de Christian Jacob (LR) à Jean-Luc Mélenchon, ont dénoncé mardi les violences dont sont victimes les députés depuis plusieurs jours.

Des députés, jusqu'au président de l'Assemblée, victimes de violences, et le Palais Bourbon cible samedi de manifestants : les patrons des groupes de l'Assemblée, de Christian Jacob (LR) à Jean-Luc Mélenchon, ont marqué leur "unité" par une entrée ensemble, mardi, dans l'hémicycle, derrière Richard Ferrand.

Richard Ferrand dénonce des "actes inacceptables". "Ces actes inacceptables portent atteinte à la République et la démocratie, tout comme les actes de racisme et d'antisémitisme, radicalement contraires aux valeurs de la République, que nous ne tolérerons jamais", a lancé Richard Ferrand (LREM), accompagné au travers de la haie d'honneur de la garde républicaine et jusqu'au pied du "perchoir", pour la séance des questions au gouvernement. L'ensemble des députés, ainsi que les membres du gouvernement, se sont levés pour applaudir.

Devant les députés LREM plus tôt, le Premier ministre Édouard Philippe avait évoqué "une menace pour la République et la démocratie". "Face à ce désordre, il ne faut pas laisser penser que nous soyons circonspects et indécis", avait-il plaidé, selon un participant. Il a redit dans l'hémicycle sa "condamnation des violences qui émaillent le débat public dans le pays".

Le Sénat également vent debout. En début de séance au Sénat, son président Gérard Larcher (LR) a déclaré que "rien ne justifie le recours à la violence, rien ne justifie de bafouer l'État de droit, rien ne justifie les provocations contre la République".

Jacob évoque "des pressions sur tel ou tel vote". Vendredi soir, Richard Ferrand a dénoncé une tentative d'incendie "volontaire" à son domicile privé à Motreff, dans le Finistère. Une enquête a été ouverte et confiée à la gendarmerie nationale.Plus de 80 "dégradations, exactions" visant des permanences parlementaires ou des domiciles ont été recensées depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", a indiqué le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez. Samedi, des "gilets jaunes" du cortège parisien ont tenté d'enfoncer des palissades devant le Palais Bourbon, et ont lancé divers projectiles. "On est passés à deux doigts d'une intrusion", a relevé Christian Jacob devant la presse. "Il y a une dérive", avec également "des pressions mises sur tel ou tel vote" souvent par des internautes alors qu'"on n'est pas soumis à un mandat impératif", a-t-il rappelé.

L'UDI dénonce une "erreur" dans l'autorisation du parcours des "gilets jaunes". "Comment le préfet de police a-t-il autorisé cette manifestation devant l'Assemblée nationale ? Se donne-t-on vraiment les moyens de neutraliser les gens violents?", s'est demandé Jean-Christophe Lagarde (UDI), s'inquiétant d'une "violence politique en train de se banaliser". Les députés MoDem ont aussi dénoncé une "erreur" dans l'autorisation donnée à ce parcours de samedi. Pour les socialistes, Boris Vallaud a condamné "sans réserve ces violences et cet antiparlementarisme". Les députés communistes ont également fait part de leur soutien à Richard Ferrand, leur porte-parole Pierre Dharréville, en estimant que l'"incendie d'une maison est un acte d'une violence inouïe".