Coronavirus et agriculture : pour Didier Guillaume, "il y a une déception vis-à-vis de l'Union européenne"

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Didier Guillaume était l'invité d'Europe 1 1:45
Didier Guillaume était l'invité d'Europe 1 © Europe 1
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Invité sur Europe 1, Didier Guillaume,​ ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, se dit pour le moment déçu du manque de soutien de l'UE pour certaines filières agricoles pendant la crise.
INTERVIEW

Alors que le secteur agricole est à la peine durant cette crise liée au coronavirus, Didier Guillaume,​ ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, se dit déçu, mardi au micro d'Europe 1, du manque de réponse de l'Union européenne quant au soutien de marché pour certaines filières. "Nous sommes intervenus auprès de l'UE qui n'a pas répondu totalement, encore, à nos demandes", explique-t-il. "Il y a une déception vis-à-vis de l'Union européenne."

Selon lui, il est urgent que l'Europe réagisse, mais le ministre croit qu'"elle peut et qu'elle va le faire". La France avait fait une coalition avec l'Allemagne, le Portugal et l'Espagne, et finalement les 27 Etats européens ont fait un courrier au commissaire et à la présidente de l'Union la semaine dernière. "Mais chaque jour qui passe est une erreur pour nos activités de production!", regrette Didier Guillaume, qui réclame une aide de marchés pour sauver certaines filières.

La viticulture et les éleveurs en difficulté

"Je parle de la viticulture qui, si l'Europe n'intervient pas, sera dans de grandes difficultés après s'être pris les taxes de Trump. Et se retrouve maintenant sans débouchés dans les restaurants", détaille le ministre, évoquant ensuite "le lait, qui est la filière qui me soucie le plus, avec une surproduction et des prix qui s’effondrent. Il faut pouvoir stocker, garder ses fromages", ajoute-t-il.

Didier Guillaume avait demandé à stocker ce lait produit en excédent pour alléger le poids de la crise sur les épaules des producteurs. Une demande restée sans réponse, pour le moment. "Il est possible que nous l'ayons dans les jours qui viennent mais c'est ma priorité absolue", confie-t-il. "Jeter du lait, c'est impensable. D'autant qu'aujourd'hui, les éleveurs ne gagnent pas assez leur vie".

Europe 1
Par Séverine Mermilliod