Avec des dissidents LREM, un 9e groupe va-t-il voir le jour à l'Assemblée nationale ?

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Assemblée nationale 1:50
Jamais dans la Ve République l'hémicycle n'avait abrité neuf groupes parlementaires. © Thomas SAMSON / AFP
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L'hypothèse d'un prochain neuvième groupe politique à l'Assemblée, composé de "marcheurs", d'ex-"marcheurs" et aussi d'élus attachés à l'écologie, a ressurgi vendredi. La République en marche pourrait perdre la majorité absolue si le groupe "Écologie démocratie solidarité" voit le jour.

Des députés "marcheurs", d'autres qui ont déjà quitté le navire macroniste, mais aussi des élus attachés à l'écologie : selon Les Échos, quelques dizaines de députés seraient sur le point de former un neuvième groupe à l'Assemblée nationale, ce qui constituerait un record. Ce groupe serait dénommé "Écologie démocratie solidarité" et se formerait autour de Matthieu Orphelin (ex-La République en marche proche de Nicolas Hulot), Aurélien Taché (LREM) et encore possiblement Cédric Villani (toujours membre du groupe LREM).

Selon les informations d'Europe 1, ce neuvième groupe devait se déclarer à la mi-juin, mais il semble que la date ait été avancée peu après la mi-mai tant l'ambiance s'est dégradée au sein de la macronie pendant le confinement. 

La députée Martine Wonner, seule élue LREM à avoir voté contre la stratégie de déconfinement du gouvernement, a été exclue du groupe majoritaire mercredi, accélérant les spéculations autour de cette nouvelle formation, en pleine crise sanitaire. Mais cette membre de l'aile gauche a indiqué à l'AFP ne pas en être à ce stade. D'autres élus ont participé à cette initiative, selon Les Échos, comme l'ancienne ministre Delphine Batho, la députée LREM Emilie Cariou ou le député Guillaume Chiche. 

LREM pourrait perdre la majorité absolue

Après son exclusion, les députés LREM et apparentés, présidés par Gilles Le Gendre, comptent désormais 296 membres, contre 314 au début de la législature. La majorité absolue est à 289 sièges, donc le parti présidentiel pourrait la perdre. Les départs ont été réguliers, sur fond de conflits sur la ligne ou de désaccords pour les municipales. L'initiative en gestation "soldera la mauvaise gestion politique et individuelle du groupe" LREM, tacle un député macroniste.

" "En plein déconfinement, ça ne me semble pas opportun" "

Le nouveau groupe pourrait compter une vingtaine de membres, des non-inscrits, quelques LREM, Libertés et territoires voire PS, selon Claire Pitollat, une élue LREM pressentie, qui juge cependant qu'"en plein déconfinement, ça ne (lui) semble pas opportun" de le lancer. Selon elle, il s'agit par cette initiative de "faire vivre la diversité de la majorité", tandis que d'autres sont dans une ligne moins coopérative avec l'exécutif.

"Groupe de bric et de broc"

Un cadre de la majorité éreinte déjà un "groupe de bric et de broc pour essayer d’exister, un groupe d'orphelins". Il y voit "finalement une clarification utile de députés qui ne s’étaient pas habitués au dépassement" droite-gauche promu par Emmanuel Macron depuis son lancement dans l'aventure présidentielle, en 2016.

Et selon cette source, "la majorité absolue est un peu un faux sujet car avec le soutien constant du Modem (et) l'appui solide d’Agir, la majorité dans son ensemble est largement assurée". "Ce n'est pas un coup dur pour Emmanuel Macron", assure encore ce proche de l'Élysée, estimant que les dissidents potentiels "ne semblent pas dans l'opposition frontale".