Allocations chômage : quid de la possible dégressivité annoncée par Edouard Philippe ?

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Invité de l'Émission politique jeudi soir, le Premier ministre a ouvert la voie à la mise en place de la dégressivité des allocations chômage "dans certains cas". Europe 1 vous livre le mode d'emploi de cette mesure qui pourrait toucher les "salaires très élevés". 
MODE D'EMPLOI

La dégressivité des allocations chômage peut être "dans certains cas (...) envisagée", a déclaré le Premier ministre Édouard Philippe jeudi soir, dans l'Emission politique sur France 2, en mentionnant les "salaires très élevés". Europe 1 revient sur cette annonce et analyse les tenants et les aboutissants de cette "piste qui sera discutée". 

Qu'est-ce que la dégressivité ? 

Si vous tombez au chômage aujourd'hui, vous avez le droit à 24 mois d'indemnisation, un peu plus si vous êtes senior, et vous touchez 57% de votre salaire brut. Avec la dégressivité, on change de système. Concrètement, plus les mois avancent, moins vous avez de chômage. Généralement, cela se fait par palier, environ tous les six mois. Quant au montant à partir duquel le gouvernement considère un salaire comme "très élevé", un député de LREM évoquait une réflexion autour de 5.000 euros par mois.

Pourquoi la mettre en place ? 

Pour les défenseurs d'une telle mesure, la dégressivité est plus incitative pour le retour à l'emploi. Ce système a déjà été testé en France, c'était dans les années 1990, et cela concernait tous les chômeurs. Avec cette "piste", Edouard Philippe ouvre la porte à une dégressivité uniquement destinée à une seule catégorie de chômeurs : les plus riches et les plus employables. Mais, problème, ce sont eux qui cotisent le plus. Du coup, on se retrouverait avec un système à deux vitesses. 

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Le gouvernement peut-il l'appliquer ? 

Il ne s'agit pour l'instant que d'une piste, et dans tous les cas, le gouvernement n'a pas la main sur ce dossier : ce sont les partenaires sociaux qui doivent trouver les moyens de faire les économies réclamées sur trois ans au régime d'assurance chômage, "une fourchette entre 3 et 4 milliards d'économies". Si le MEDEF est pour cette mesure, la CFDT considère en revanche que c'est une ligne rouge. De son côté, la ministre du Travail Muriel Pénicaud  avait jugé vendredi dernier qu'il appartenait aux partenaires sociaux, et non au gouvernement, de "définir si, parmi les formules, ils veulent la dégressivité ou autre chose".