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Le Medef accueille le premier débat présidentiel, à sa «REF», sur le thème du courage

Lors de la précédente édition, Manuel Bompard, Fabien Roussel, Marine Tondelier, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Jordan Bardella avaient participé à un débat devant les patrons du Medef. [Carine Schmitt / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) du Medef a pour thème cette année "le courage" et prend un tour exceptionnel à huit mois de la présidentielle, en accueillant jeudi un débat économique entre sept candidats, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon.

La Rencontre des Entrepreneurs de France organisée par le Medef se tiendra les mercredi 26 et jeudi 27 août au stade Roland-Garros à Paris, avec pour thème central "le courage". 

Cette édition 2026 "aura une dimension plus importante que les précédentes, avec un nombre d'inscriptions déjà double de celui de l'année dernière à la même date", témoignait-on en fin de semaine au Medef.

Un débat entre candidats en tête d'affiche

Le débat final pourrait être à l'origine de cet engouement. Réunissant Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier, il se déroulera sur le court central de Roland-Garros, qui accueille la REF depuis 2025, et sera visible sur les réseaux sociaux.

Ils répondront à cinq patrons de PME qui évoqueront leurs préoccupations, en s'appuyant sur les résultats d'une consultation sur le site du Medef, qui a recueilli 66.000 réponses de patrons en trois mois.

Sous son président Patrick Martin, arrivé en 2023, le Medef, qui a aussi organisé au printemps des déjeuners avec quasiment tous les chefs de partis, même si celui avec Jordan Bardella a davantage retenu l'attention de la presse, veut remettre "de la rationalité dans le débat".

"Le monde va vite"

Il propose régulièrement des solutions chiffrées sur des thématiques comme la santé, les jeunes, les finances publiques ou bientôt la démographie. À quelques mois de la présidentielle et à quelques semaines d'une discussion budgétaire qui s'annonce moins facile encore que ces deux dernières années sans majorité à l'Assemblée nationale, le discours d'ouverture de Patrick Martin promet d'être sans concession.

Dès ce week-end dans la Tribune Dimanche il a estimé que "le courage ne consiste pas à tout changer pour que rien ne change mais à dire aux Français que préserver ce à quoi ils sont légitiment attachés (comme le modèle social, NDLR) suppose de (...) remettre le travail au coeur de notre ambition collective".

Pour Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à l'institut de tendance libérale Rexecode, "la thématique du courage répond bien aux enjeux du moment. Il y a deux manières de la lire, le courage dans le diagnostic, duquel on manque en France, et le courage de la décision". Car "le monde va vite et l'immobilisme commence à coûter très cher", ajoute-t-il.

Le Medef n'a pas l'intention d'appeler à voter pour tel ou tel candidat l'an prochain. Mais en 2022, il n'en avait pas été loin, publiant au lendemain du premier tour un communiqué ainsi titré : "le Mouvement des entreprises de France considère que le programme économique d'Emmanuel Macron est le plus favorable à la croissance et l'emploi, et alerte sur les conséquences de celui de Marine Le Pen".

"Politique-fiction"

Le premier mouvement patronal ne veut pas non plus évoquer un possible duel Le Pen-Mélenchon, pour ne pas faire de "politique-fiction". Parmi les intervenants de la REF, de mercredi après-midi à jeudi soir, figureront Ursula von der Leyen, première présidente de la Commission européenne à s'exprimer devant cette assemblée, le ministre de l'Economie Roland Lescure ou Antonio Filosa, directeur exécutif de Stellantis, à la parole assez rare.

Le chef d'état-major des armées Fabien Mandon participera à une table ronde sur la guerre, Jean-Paul Bosland, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, et Julien Marion, directeur général de la sécurité civile, à un hommage aux pompiers.

D'autres candidats, possibles, probables ou déclarés à la présidentielle participeront à des tables rondes, comme l'ancienne première ministre Elisabeth Borne, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand ou l'ancien ministre des Finances Bruno Le Maire. Le candidat de droite David Lisnard débattra avec le secrétaire général du Parti communiste Fabien Roussel du "Courage de produire".

Mais ils n'auront pas droit au débat présidentiel. "Vous ne pouvez pas mettre tous les candidats potentiels ou déclarés sur une même scène, il a fallu faire des choix", explique-t-on au Medef.