Alors que le gouvernement cherche des économies pour le budget 2027, Roland Lescure remet sur la table une piste particulièrement sensible : une revalorisation plus faible des pensions des retraités les plus aisés. Une mesure qui pourrait rapporter plusieurs milliards d’euros.
Attention, terrain miné. Alors que les grandes crises météorologiques de l’été pourraient coûter jusqu’à 15 milliards d’euros à l’État cette année, les pensions des retraités les plus aisés sont dans le viseur de Roland Lescure. Le ministre de l’Économie relance le débat sur un possible gel des pensions les plus élevées afin de générer des économies pour le budget 2027.
Préserver les retraités les plus modestes
C’est l’hypothèse que Roland Lescure a relancée en expliquant que les retraités aisés pourraient contribuer aux efforts de redressement. "La question d’une indexation plus modérée de leurs pensions mérite d’être posée", selon le patron de Bercy, qui a aussitôt précisé qu’il faudrait, dans le même temps, préserver les retraités les plus modestes.
Le mécanisme consisterait donc à revaloriser certaines pensions de retraite à un niveau inférieur à celui de l’inflation, qui devrait atteindre près de 2% en 2026. Difficile, en revanche, d’estimer précisément combien cette mesure permettrait d’économiser à l’État. Le gel de toutes les pensions pourrait rapporter environ 5 milliards d’euros, mais ce n’est donc pas la piste privilégiée.
Quoi qu’il en soit, c’est un sujet particulièrement sensible. L’année blanche proposée par le gouvernement Bayrou avait provoqué sa chute. Même chose pour la version plus modérée avancée par le gouvernement Barnier. Mais en ciblant uniquement les retraités les plus aisés, le gouvernement pourrait éviter une censure du budget, au moins de la part d’une partie de la gauche.