Royaume-Uni : le "Daily Mail" contraint de corriger son reportage sur Saint-Denis

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La ville de Saint-Denis était présentée dans l'article du Daily Mail comme un "État dans l'État".
La ville de Saint-Denis était présentée dans l'article du Daily Mail comme un "État dans l'État". © MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
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Le régulateur de la presse au Royaume-Uni a imposé au tabloïd britannique de rectifier des informations contenues dans un reportage sur Saint-Denis, paru en juillet dernier.

Le tabloïd britannique Daily Mail a été contraint de publier mercredi un encart intitulé "Clarifications et correctifs" à propos d'un reportage sur Saint-Denis. Celui-ci présentait la ville de Saint-Denis, dans la banlieue parisienne, comme un "État parallèle où l'allégeance à l'Islam passe avant la fidélité à la France".

"La poudrière de Paris". Intitulé "Powder Keg Paris" ("La poudrière de Paris" en français) et rédigé par Andrew Malone, cet article de 2.000 mots était paru le 28 juillet 2018, avant d'être retiré de son site Internet une semaine plus tard. La sous-préfecture de Seine-Saint-Denis y est notamment décrite comme "un État dans l'État, avec ses propres règles et ses tribunaux religieux", où "parler l'arabe est plus utile que le français". 

L'article a fait l'objet d'une plainte déposée par Miqdaad Versi, un porte-parole du Muslim Council of Britain, la plus importante association de musulmans britanniques, auprès de l'IPSO (Independent Press Standards Organisation), le régulateur de la presse au Royaume-Uni.

Un chiffre invérifiable de 350 djihadistes dans la commune. L'IPSO a reproché fin janvier au Daily Mail de présenter "comme un fait établi" que "350 djihadistes connus vivent à Saint-Denis", un nombre que le journal "n'a pas pu justifier". Selon le tabloïd, ce chiffre repose en fait sur des déclarations faites par un "responsable" anonyme à une autre publication et selon lesquelles il y aurait "environ 30 terroristes potentiels vivant en Seine-Saint-Denis et environ 300 extrémistes qui les soutiendraient". Le Daily Mail a apporté un correctif dans son édition de mercredi, écrivant qu'il n'existait "aucun chiffre officiel portant sur le nombre des djihadistes" à Saint-Denis et dans le département de Seine-Saint-Denis. 

"Pas de distinctions entre des commentaires et des faits". Le journal a également été épinglé par le régulateur pour avoir affirmé que "1.700 djihadistes sont rentrés en France après avoir combattu pour le groupe État Islamique en Syrie". La publication a reconnu qu'il s'agissait en fait du nombre des personnes radicalisées ayant quitté la France pour rejoindre l'EI. Dans sa décision (en anglais), l'IPSO a également reproché au tabloïd d'avoir diffusé une "information inexacte" et de n'avoir pas fait de "distinctions entre des commentaires et des faits", en soutenant que 300.000 migrants clandestins habitaient à Saint-Denis.