"Orléans" : "Je ne vais pas faire interdire le roman, mais on va faire rectifier", dit l'avocat de la famille Moix

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"Nous sommes contre la censure, ses parents ont trop de respect pour la littérature", a affirmé Emmanuel Pierrat, avocat de la famille Moix, jeudi sur Europe 1. 
INTERVIEW

"Il y a une opération commerciale évidente, un buzz voulu autour d'un scandale qui concerne sa propre famille", déplore Emmanuel Pierrat. Invité de Philippe Vandel, jeudi sur Europe 1, l'avocat de la famille de Yann Moix est revenu sur la controverse qui oppose l'écrivain à son père et son frère à propos d'Orléans, son dernier roman. Le récit, qui raconte une enfance selon lui malheureuse et maltraitée, est vivement contesté par ses clients. 

"Plus un roman mais un livre à charge"

"La difficulté, c'est que Yann Moix aurait pu s'en tenir à un geste littéraire", explique l'avocat. "On connaît beaucoup de romanciers qui se sont inspirés, pour s'en éloigner, de faits divers, de personnalités, de personnages publics, de personnages de leur famille....", poursuit-il, citant, pêle-mêle, "Anatole France", "Jules Verne", et "Christine Angot". "Il y a des gens qui sont très éloignés, qui ne décrivent pas précisément, d'autres qui décrivent donnent des noms, des marques, des adresses, des rues. Les tribunaux font le tri."

"Il s'en serait tenu au genre roman, nous n'en serions pas là. Mais à partir du moment où il est allé dans Sept à Huit dire que ce n'était plus un roman mais un livre à charge, en donnant des adresses et des noms de famille, on est passés dans un autre registre", appuie le conseil. 

"Leur souhait, c'est de voir leur vérité rétablie"

Le père de Yann Moix a qualifié le récit de son fils "d'affabulation", tandis que son frère assure que l'écrivain était lui-même le bourreau et l'accuse de "sacrifier la réalité sur l'autel de ses ambitions littéraires". Mais que peuvent-ils contre cette présentation des faits ? "Simenon (Georges, l'auteur belge, ndlr) en a fait les frais", compare Emmanuel Pierrat. "Il décrivait dans Pedigree les sévices qu'il aurait subis au pensionnat quand il était en Belgique, adolescent. Ses anciens camarades ont poursuivi, ont démontré que c'était faux. Ils ont gagné et obtenu l'interdiction de ce livre." 

"Ce n'est pas le souhait des parents de Yann Moix", assure cependant l'avocat. "Leur souhait c'est de voir leur vérité rétablie, leur voix entendue. Il y a une voie plus simple, qui consiste à insérer un communiqué dans le livre. Nous sommes contre la censure, ses parents ont trop de respect pour la littérature. (...) Je ne vais pas faire interdire le roman, en revanche on va faire rectifier."